La capitale guinéenne fait face à de nouvelles tensions sur l’approvisionnement en carburant.
Depuis la matinée du mardi 3 mars, de longues files d’attente sont visibles devant plusieurs stations-service de Conakry. Automobilistes, motards et transporteurs y patientent pendant des heures pour se ravitailler, au risque de perturber leurs activités.
Cette situation relance les interrogations sur les causes de ces ruptures répétées. Certains évoquent déjà les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur le marché international du pétrole. D’autres estiment que les difficultés actuelles traduisent surtout des fragilités internes dans la gestion et le stockage des produits pétroliers.
De Nongo à Kobaya, en passant par Lambanyi, des bidons d’essence s’alignent le long des routes. Les conducteurs se relaient pour garder leur place dans les rangs. Mamadou Lamine Diallo, ingénieur, affirme avoir attendu plus de trente minutes sans parvenir à s’approvisionner.
« Il devient difficile de se déplacer. Quand le carburant manque, tout ralentit. Les autorités doivent prendre des mesures pour garantir la mobilité des citoyens », a-t-il déclaré.
Les travailleurs du secteur informel se disent particulièrement affectés. Thierno Hamidou Diallo, conducteur de taxi-moto, explique que cette pénurie réduit considérablement ses recettes journalières.
« Nous dépendons de nos motos pour vivre. Si nous passons la journée dans une file, nous ne gagnons rien. Pourtant, nos familles comptent sur nous », a-t-il confié.
Joseph Ninamou, un autre conducteur, se plaint aussi de la situation qui selon lui, aurait pu être anticipée. Il appelle les autorités à renforcer les capacités de stockage et à sécuriser la chaîne d’approvisionnement.
« Depuis l’explosion des dépôts de Coronthie, des dispositions devaient être prises pour éviter ces difficultés. L’État doit agir pour que cela ne devienne pas une habitude », a-t-il estimé.
En attendant une amélioration, les citoyens continuent de s’organiser pour faire face à cette nouvelle épreuve, dans un contexte où la mobilité reste essentielle au fonctionnement des activités économiques de la capitale.
