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Lancement du PEAG à Conakry: La Guinée ferme le robinet des pénuries et ouvre l’ère du droit à l’eau

Le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a lancé ce lundi 29 juin à Conakry le Projet Eau et Assainissement de Guinée – PEAG.

Devant des membres du gouvernement et des partenaires techniques et financiers, le ministre Aboubacar Camara a salué l’aboutissement d’un combat de 3 ans pour mobiliser 670 millions $ afin de garantir l’accès à l’eau potable à des millions de Guinéens et tourner la page du paradoxe du ‘château d’eau’.

Le PEAG, un tournant pour l’accès à l’eau en Guinée, selon le patron de l’hydraulique.

« Aujourd’hui n’est pas seulement le lancement d’un projet. Aujourd’hui marque le commencement d’une nouvelle histoire. Une histoire où la Guinée cesse progressivement de subir ses paradoxes pour commencer à les vaincre. Une histoire où l’eau, source de vie, cesse d’être une promesse lointaine pour devenir un droit effectivement garanti », a-t-il déclaré.

Des années de plaidoyer aboutissent, la conviction devient réalité en vue de répondre aux besoins des ménages qui ont longtemps souffert.

« Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est parce qu’une conviction, née il y a plusieurs années, est devenue une réalité. Cette conviction était simple : la Guinée, château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, ne pouvait plus accepter que sa capitale et ses grandes agglomérations continuent de connaître des difficultés persistantes d’accès à l’eau potable », a rappelé Aboubacar Camara.

Le ministre dénonce l’injustice, un château d’eau où des millions de Guinéens manquent d’eau.

« Cette contradiction n’était pas seulement technique. Elle interpellait notre conscience collective. Elle posait une question fondamentale : comment un pays aussi généreusement doté par la nature pouvait-il laisser subsister une telle injustice envers ses propres citoyens ? »,se demande t-il.

Le Forum de l’Eau à la SEG, point de départ du combat pour le financement en 2023, avant naissance officielle du Projet Eau et Assainissement de Guinée.

Trois ans de négociations pour mobiliser plusieurs millions de dollars américains dont la durée va se poursuivre jusqu’en 2031

« Aujourd’hui, le PEAG représente près de 670 millions de dollars américains d’investissements mobilisés pour la période 2025-2031. Derrière ce chiffre, il y a trois années d’efforts ininterrompus. Trois années de négociations. Trois années de missions techniques. Trois années d’études, d’arbitrages, de doutes parfois, mais de persévérance toujours. Parce que derrière chaque réunion, derrière chaque document, derrière chaque mission, il y avait les attentes silencieuses de millions de Guinéennes et de Guinéens. »

Volonté politique et confiance des partenaires : les clés de la réussite du PEAG.

« Le PEAG est l’œuvre d’une Nation tout entière. Il démontre que lorsque les institutions travaillent dans la même direction, lorsque les partenaires font confiance à un pays et lorsque la volonté politique demeure constante, les ambitions les plus élevées cessent d’être des rêves pour devenir des réalisations. »

“Au-delà des infrastructures : le gouvernement mise sur un nouveau modèle de développement”

« Ce que nous lançons aujourd’hui dépasse la simple réalisation d’infrastructures. Nous lançons une nouvelle manière de concevoir le développement. Nous affirmons qu’aucune richesse naturelle ne peut avoir de sens si elle ne profite pas d’abord aux femmes, aux hommes et aux enfants de la Nation. »

Fin de la fatalité. Le ministre qualifie la pénurie d’eau d’‘injustice envers l’histoire.

« Pendant longtemps, notre pays a vécu avec un paradoxe que beaucoup avaient fini par considérer comme une fatalité. La Guinée, reconnue comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, voyait pourtant une partie importante de sa population vivre au rythme des pénuries d’eau. Cette contradiction n’était pas seulement un paradoxe géographique. Elle est une injustice. Une injustice envers nos populations. Une injustice envers notre potentiel. Une injustice envers notre histoire. », dénonce Aboubacar

Sous le leadership du Président Doumbouya, la Guinée rompt avec les solutions provisoires, soutient le chef du département de l’assainissement.

« Aujourd’hui, cette injustice commence à être réparée. Sous l’impulsion de Son Excellence Mamadi Doumbouya, Président de la République, Chef de l’État, la Guinée a fait le choix de rompre avec la logique des solutions provisoires. Elle a choisi de s’attaquer aux causes profondes. Elle a choisi d’investir durablement. Elle a choisi d’anticiper plutôt que de subir. Gouverner, c’est préparer l’avenir. »

PEAG aligné sur Simandou 2040. L’eau comme levier de prospérité partagée.

« Le PEAG s’inscrit pleinement dans cette ambition et dans la vision de développement portée par le Programme Simandou 2040, qui vise à faire de la richesse nationale un levier de prospérité partagée. Il répond avec cohérence aux exigences du capital humain, de la santé, du bien-être et de la dignité des populations. L’eau n’est pas un simple service public. Elle est la première des richesses. Elle est le premier médicament. Elle est le premier facteur de dignité. Elle est le premier vecteur de développement. Chaque mètre cube d’eau potable distribué est une maladie évitée. Chaque borne-fontaine réalisée est une femme libérée de longues heures de corvée. Chaque réseau construit est une activité économique facilitée. Chaque quartier alimenté est une espérance nouvelle. »

L’un des avantages du PEAG, c’est la santé, l’éducation et la paix pour des millions de ménages. Le PEAG vise également à réduire la pression sur les nappes du Grand Conakry.

« En investissant massivement dans l’eau potable, la Guinée investit dans la santé, dans l’éducation, dans l’économie, dans la protection de l’environnement et dans la paix sociale. Les bénéfices de ce projet dépasseront largement les infrastructures qui seront réalisées. Ils se mesureront dans les écoles où les enfants étudieront dans de meilleures conditions. Ils se mesureront dans les formations sanitaires où diminueront les maladies d’origine hydrique. Ils se mesureront dans les ménages dont les revenus ne seront plus absorbés par les dépenses liées aux pénuries d’eau. Ils se mesureront enfin dans la confiance retrouvée entre les citoyens et leurs institutions.

Mais notre responsabilité ne s’arrête pas à l’augmentation de la production et de la distribution d’eau. Elle consiste aussi à préserver cette ressource exceptionnelle que Dieu a confiée à notre pays. Depuis plusieurs années, la multiplication anarchique des forages dans le Grand Conakry constitue un sujet de préoccupation majeure. Cette exploitation incontrôlée des nappes souterraines fait peser une menace réelle sur notre patrimoine hydrogéologique. En renforçant considérablement la capacité du réseau public de distribution, le PEAG permettra progressivement de réduire cette pression excessive sur les eaux souterraines. Nous protégerons ainsi une richesse qui n’appartient pas seulement à notre génération, mais également à celles qui viendront après nous. Car la grandeur d’une politique publique réside dans sa capacité à concilier les besoins du présent avec les droits de l’avenir. »

Le PEAG 2025-2031 est s’accentue sur 5 points essentiels (production, réformes, gestion et urgence).

« Ce projet s’articule autour de cinq composantes à savoir : Composante 1: Augmenter et améliorer les services d’eau dans le Grand Conakry, par le renforcement de la production, la réhabilitation et l’extension des réseaux de distribution et la réalisation de branchements sociaux. Composante 2: Appuyer la performance et les réformes institutionnelles et politiques du secteur de l’eau. Composante 3: Améliorer la gestion des ressources en eau. Composante 4: Appuyer la mise en œuvre du projet. Composante 5: Une composante d’intervention d’urgence conditionnelle mobilisable en cas de besoin »

Par ailleurs, le ministre met la pression pour ‘zéro erreur’ dans l’exécution” de ce projet.

« Notre responsabilité est désormais immense. Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Derrière chaque conduite qui sera posée, derrière chaque station qui sera construite, derrière chaque quartier qui sera raccordé, il y a des familles qui attendent. Il y a des enfants qui espèrent. Il y a des femmes qui aspirent à vivre avec davantage de dignité. Il y a tout un peuple qui place sa confiance dans les institutions de la République. Cette confiance nous oblige. »

Assainissement indissociable de l’eau vers des villes plus propres et plus saines. Le gouvernement veut transformer les déchets en emplois.

« C’est pourquoi nous poursuivrons avec la même détermination les réformes engagées dans le secteur de l’assainissement. Nous voulons bâtir une économie circulaire où les déchets ne seront plus considérés comme une charge, mais comme une ressource. Nous voulons développer une véritable industrie de la valorisation, créatrice d’emplois. Nous voulons faire émerger des villes plus propres, plus résilientes et plus attractives. Nous voulons offrir aux générations futures un cadre de vie conforme aux ambitions de notre pays. », a laissé entendre Aboubacar Camara, ministre de l’assainissement, de l’hydraulique et des hydrocarbures.

Ce projet PEAG est obtenu grâce à l’appui de la Banque mondiale, de la Banque Européenne d’Investissement, de l’Union européenne, du Fonds pour l’Environnement mondial, de l’Agence Française de Développement.

Saliou Benjamin Camara pour Guineesouverain.com
622 32 82 84

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