L’interdiction des plastiques à usage unique continue de faire réagir les acteurs sociopolitiques guinéens. Le président du Parti des Démocrates pour l’Espoir ( PADES) , a analysé les conséquences économiques et sanitaires de cette décision sur le quotidien des populations.
Selon Dr Ousmane Kaba, si la question avait été suffisamment étudiée, cela aurait facilité les choses au gouvernement.
« Les économistes, a priori, avant de mettre en œuvre la politique, ont d’abord fait une évaluation. Pendant la mise en œuvre, on peut faire une évaluation à mi-parcours. Après la mise en œuvre, on fait une évaluation postérieure, ex post. Généralement, les parlements font des évaluations ex post parce que les parlements ne sont pas porteurs de politiques. C’est l’État qui porte sa politique. Comme on n’a pas fait ça, on a interdit le sachet en plastique », a commenté le parlementaire.
La faible disponibilité de l’eau minérale sur le marché a entraîné une hausse importante du prix des bouteilles d’eau par endroits. Leur consommation régulière devient également plus difficile pour certains citoyens. Une situation qui, selon le président du PADES, pourrait avoir des conséquences sur la santé des populations.
« L’eau est un besoin fondamental. Et voilà, cela a des conséquences d’abord sur l’inflation. Ce que je veux dire, parce qu’il ne faut pas que les gens croient que c’est théorique, tout ça, c’est très pratique. Si vous prenez une décision pour interdire les sacs en plastique, vous n’avez pas fait d’étude réelle, vous n’avez pas fait l’évaluation, donc vous connaissez les conséquences. Ça crée des problèmes. D’abord, les bouteilles d’eau passent de 25 000 GNF à 40 000 GNF, plus de 60 % d’augmentation des prix. Et lorsqu’il y a une augmentation des prix, c’est ce qu’on appelle l’inflation, parce que cela a un effet d’entraînement sur les autres activités, les autres éléments de notre consommation.
Mais ce n’est pas que ça. Dans les grandes concentrations humaines, qui sont les agglomérations et les mines, les gens risquent de retourner à l’eau qui n’est pas potable, avec la possibilité d’avoir la dysenterie ou le choléra. Donc, tout ce rappel, c’est de faire l’évaluation des politiques, connaître les conséquences avant de prendre la politique », a-t-il ajouté.
Député de la 10ᵉ législature, le président du PADES appelle les décideurs à mieux évaluer les conséquences de leurs décisions avant leur mise en œuvre, dans l’intérêt des populations.
« Voilà, mais comme je le dis souvent, c’est la différence entre le gouvernement et le Parlement. C’est le gouvernement qui devrait faire beaucoup d’évaluations ex ante, a priori, avant la mise en place de cette politique. Et le Parlement, généralement, fait des évaluations après la mise en place de la politique », a conclu Dr. Ousmane Kaba.
Cette lecture de l’économiste et leader politique est intervenue ce mardi, 06 octobre 2026, lors d’un panel consacré sur : l’impact de la politique publique sur la vie des populations, à l’occasion de la deuxième journée de la rentrée parlementaire.
