Des manifestations contre la vie chère et le manque de moyens dans les services publics ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, samedi, dans plusieurs villes françaises. Le ministère de l’Intérieur a fait état de 272 interpellations à 15 heures, tandis que des dégradations et des incendies ont été signalés notamment à Paris, Lyon et Marseille.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi en France contre la hausse du coût de la vie, les inégalités sociales et le manque de moyens dans les services publics, dans le cadre d’une mobilisation réunissant des lycéens, des étudiants, des syndicats et des sympathisants des « Gilets jaunes ».
Selon Reuters reprise par Boursorama, 272 personnes avaient été interpellées à 15 heures sur l’ensemble du territoire national, après des incidents impliquant notamment des groupes de manifestants cagoulés. À la mi-journée, les autorités avaient recensé 140 actions et 32 800 participants en province, selon un bilan rapporté par l’Agence France-Presse (AFP).
À Paris, des affrontements ont éclaté place de la République, où des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes. Deux cortèges autorisés devaient partir de cette place, l’un en direction de la place de Clichy et l’autre vers la place de la Nation, selon le suivi en direct publié par Reuters sur Boursorama. Des vitrines de commerces et de restaurants ont également été brisées dans la capitale.
À Lyon, l’office du tourisme a été incendié, tandis qu’à Marseille, des dégradations ont été signalées dans des locaux de la police municipale et à l’hôtel de ville. Ces incidents ont été rapportés par Reuters et l’AFP, qui ont également fait état de tensions dans d’autres villes, notamment Rennes, Toulouse et Angers.
L’AFP a par ailleurs rapporté l’incendie, dans la nuit de vendredi à samedi, d’un bâtiment de l’unité de formation et de recherche de lettres de l’université de Rouen, sur le campus de Mont-Saint-Aignan. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a évoqué sur le réseau social X un incendie volontaire.
Des revendications sociales et éducatives
La mobilisation rassemble des groupes aux revendications diverses, notamment autour du pouvoir d’achat, des salaires, des conditions d’enseignement et des moyens accordés aux services publics.
Dans une déclaration rapportée par Reuters, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a résumé le mot d’ordre du mouvement par la formule « stop à la vie chère ». Elle a également appelé le gouvernement à solliciter davantage les grandes fortunes et les entreprises pour répondre aux revendications sociales.
Selon Reuters, l’appel à manifester, initialement relayé sur les réseaux sociaux, a été rejoint par des syndicats lycéens mobilisés depuis la mi-septembre pour obtenir de meilleures conditions d’enseignement. Des organisations syndicales, dont la CGT, Solidaires et la Confédération paysanne, se sont également associées au mouvement.
L’ampleur de la mobilisation fait l’objet d’évaluations divergentes. Les autorités avaient comptabilisé 32 800 participants en province à la mi-journée, tandis que la CGT avançait une estimation supérieure à 500 000 manifestants à l’échelle nationale, selon l’agence de presse brésilienne Folha, citant les données communiquées par les deux parties.
Le ministère de l’Intérieur a imputé une partie des violences à des groupes qualifiés d’« ultra-gauche », une attribution qui relève de la position des autorités. Les manifestations se sont déroulées dans un contexte de tensions sociales alimentées par les difficultés de pouvoir d’achat et les revendications de la jeunesse.
