Les tensions persistent au sein des structures syndicales guinéennes.
La récente démission de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) du Mouvement syndical guinéen ravive des rivalités qui, visiblement, ne datent pas d’hier.
Interrogé ce lundi 16 février 2026 par un journaliste de Guinéesouverain.com, Abdoulaye Barry, responsable du département Conflits et Négociations de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et président de la commission des négociations du Mouvement syndical guinéen, estime que le fond du différend est ailleurs que dans les accusations publiques.
Selon ce syndicaliste, « le véritable motif » du départ de l’USTG concerne l’intégration d’une nouvelle centrale syndicale créée par d’anciens responsables de cette organisation. Ces derniers, après leur démission, ont fondé l’IGT (Union Générale des Travailleurs) et sollicité leur adhésion au Mouvement syndical guinéen. Une demande acceptée par les autres centrales.
« Nous n’allons pas refuser l’adhésion d’une centrale légalement constituée », tranche Abdoulaye Barry, invoquant la liberté syndicale consacrée par les textes internationaux et le Code du travail guinéen.
Derrière cet argument juridique se profile toutefois une bataille d’influence. Depuis plusieurs années, le paysage syndical est marqué par des départs, des scissions et des recompositions internes. Plusieurs figures du bureau exécutif de l’USTG ont quitté le navire, accentuant les fractures et alimentant une rivalité persistante entre centrales.
L’USTG dénonce de son côté une gestion unilatérale du Mouvement syndical. Une accusation rejetée par la CNTG. Abdoulaye Barry affirme que les décisions majeures sont prises de manière collégiale et rappelle que les protocoles d’accord signés en 2022 et 2023 ont été validés par l’ensemble des secrétaires généraux concernés.
En attendant un éventuel rapprochement, le climat reste marqué par des « guéguerres » internes qui fragilisent l’unité d’action du Mouvement syndical guinéen, dans un contexte où les revendications sociales demeurent nombreuses.
