La Guinée a présenté, vendredi, une stratégie nationale assortie d’un plan d’action pour assurer le suivi des recommandations internationales en matière de droits humains, avec l’ambition de traduire ses engagements en résultats concrets.
Portée par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, à travers la Direction nationale des droits de l’Homme, avec l’appui technique du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), cette initiative vise à renforcer la coordination institutionnelle et à mobiliser les ressources nécessaires à l’application des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU) de 2025 et des organes conventionnels des Nations Unies.
La cérémonie de présentation a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants des Nations Unies, de l’Union européenne, des partenaires internationaux et des organisations de la société civile.
À cette occasion, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a souligné la nécessité de dépasser le stade des engagements pour parvenir à des avancées concrètes et durables au profit des populations.
Lors de son quatrième Examen périodique universel, le 29 avril 2025, la Guinée avait accepté 246 des 257 recommandations formulées à son endroit. La stratégie présentée doit permettre d’organiser leur mise en œuvre à travers des priorités clairement définies, une répartition des responsabilités et des mécanismes de suivi fondés sur la transparence et la redevabilité.
Le représentant pays du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, Omer Kebiwo Kalameu, a salué cette initiative, estimant que les engagements internationaux doivent se traduire par des progrès mesurables en matière de protection des droits fondamentaux.
Il a également mis en avant le partenariat entre les autorités guinéennes et le HCDH, notamment pour améliorer la coordination des interventions et adapter les réponses aux réalités nationales.
Le plan d’action national décline les orientations stratégiques en activités prioritaires, assorties de résultats attendus, d’indicateurs mesurables et d’échéances précises. Il doit notamment contribuer à améliorer l’accès à la justice, à promouvoir l’égalité et la non-discrimination, ainsi qu’à renforcer la protection des personnes privées de liberté.
Le ministre Ibrahima Sory II Tounkara a, par ailleurs, appelé les partenaires techniques et financiers, les missions diplomatiques, les agences des Nations Unies, l’Union européenne et le secteur privé à accompagner la mise en œuvre des priorités retenues. Il a insisté sur les besoins en financement, en renforcement des capacités et en coordination des acteurs.
Représentant le Premier ministre Amadou Oury Bah, le ministre directeur de cabinet de la Primature, Dr Daouda Kamissoko, a réaffirmé la responsabilité première de l’État dans l’exécution du plan d’action.
Il a annoncé cinq engagements gouvernementaux portant notamment sur le pilotage de la stratégie par la Primature, la conduite des réformes législatives et réglementaires nécessaires, l’intégration des actions prioritaires dans les lois de finances, leur harmonisation avec les programmes nationaux de développement et la production régulière de rapports sur les progrès accomplis.
Un tableau de bord de pilotage stratégique sera mis en place à la Primature. Des rapports périodiques seront transmis au chef du gouvernement et présentés en Conseil des ministres afin de renforcer le suivi des recommandations et la responsabilisation des départements ministériels.
Les autorités prévoient également une matrice de suivi des appuis et des partenariats pour coordonner les interventions, recenser les contributions et suivre les engagements des partenaires. Les organisations de la société civile sont appelées à participer au dialogue et au suivi indépendant des réformes.
À travers cette stratégie, la Guinée entend renforcer la mise en œuvre de ses engagements internationaux et améliorer la protection effective des droits humains. L’enjeu sera de transformer les 246 recommandations acceptées en avancées tangibles et durables pour les citoyens.
