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Les stratégies et les intentions du ministre Aboubacar Camara pour débarrasser complètement la Guinée des ordures

La bataille contre les ordures n’est pas prête à s’arrêter tant qu’il reste encore un tas d’immondice en Guinée. Le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures salue les efforts et fait l’état de la situation.

« L’intention initiale était pertinente : offrir aux passants des points de dépôt pour les déchets légers à usage personnel mouchoirs, sachets, bouteilles d’eau consommées en circulation, peaux de fruits, etc. Malheureusement, l’expérience de terrain a produit un effet inverse à celui recherché. Ces points de collecte se sont progressivement transformés en véritables dépotoirs sauvages. De nombreux ménages se sont massivement désabonnés des services de pré collecte assurés par les PME, chacun trouvant désormais dans ces bacs publics un exutoire facile pour les déchets domestiques. Le constat a été sans appel :  désorganisation de la chaîne de pré collecte ; affaiblissement économique des PME ; découragement de l’abonnement des ménages ; et, in fine, transfert de la charge vers l’État », déclare le ministre d’entre de jeu.

Pour ministre Camara, la gestion des ordures doit se faire à la base. Le patron du département de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures assure que l’Etat va prendre ses responsabilités et l’Etat aussi. « La comparaison avec certains pays voisins doit être faite avec rigueur : là où existent des poubelles publiques, elles s’appuient sur un niveau élevé de civisme, de discipline collective et de respect de l’espace commun. Chez nous, la problématique est plus structurelle. Elle renvoie à la formation des comportements dès le plus jeune âge. Il est préoccupant de constater que certaines écoles primaires pourtant socle de la citoyenneté présentent encore des insuffisances en matière d’hygiène. Nous avons, en quelque sorte, inversé la pyramide : nos universités offrent parfois de belles vitrines, tandis que l’environnement éducatif de base mérite d’être renforcé. Or, un enfant qui grandit dans un cadre sain intègre durablement les bons réflexes. À l’inverse, lorsque l’environnement quotidien banalise les incivilités murs souillés, espaces communs négligés, lieux de culte entretenus uniquement à l’approche des grandes fêtes nous entretenons collectivement un cercle vicieux.

Le problème dépasse donc largement la simple installation de bacs sur la voie publique. Il s’agit d’une question de responsabilité partagée et de maturité civique. L’État assumera pleinement son rôle, mais la société doit également se ressaisir. Les analyses théoriques déconnectées des réalités du terrain ne suffiront pas : la réforme exige lucidité et engagement collectif. »

Dans la lutte contre des déchets, les petites et moyennes entreprises de pré collecte d’ordures jouent un rôle primordial. Le ministre met en garde les ONG qui seront défaillantes. « Nous l’avons clairement expliqué : les communes, les chefs de quartier et de secteur constituent les premiers maillons de régulation. Ils ont la responsabilité d’accompagner le Ministère dans le choix, le suivi et, le cas échéant, la mise en demeure des PME défaillantes. Lorsqu’un opérateur ne respecte pas ses engagements, les ménages doivent saisir prioritairement leurs autorités locales, qui font le pont avec l’administration centrale. À défaut, l’Agence Nationale de Salubrité Publique (ANASP), bras opérationnel du Département, peut être formellement interpellée.

Nous observons toutefois un paradoxe : les citoyens savent se mobiliser rapidement pour des litiges de voisinage nuisances sonores, eaux usées, conflits divers mais peinent à se constituer collectivement pour signaler les dysfonctionnements de la chaîne de pré collecte. Il y a là un enjeu de maturité civique », annonce-t-il.

A Conakry, une brigade de salubrité est mise en place. Celle-ci est chargée de veiller et de réprimer notamment le cas de jet d’ordures sauvage sur la voie publique. Qu’est ce qui est prévu pour la gestion des montants qui seront recouvrés par ladite brigade?

« Nous procédons actuellement à l’ouverture d’un compte spécial au Trésor dédié à ces ressources. L’objectif est double : transparence et efficacité. Un dispositif de paiement électronique est en cours de mise en place afin de permettre, à terme, un autofinancement partiel des activités de la Brigade. Les fonds collectés serviront prioritairement à : renforcer le dispositif opérationnel ; moderniser les infrastructures de gestion des déchets ; financer les campagnes massives de sensibilisation. Parallèlement, nous finalisons un partenariat structurant avec le secteur de l’éducation pour introduire, dès le bas âge, la culture du tri et de la discipline environnementale. Autrefois, le nettoyage collectif des cours d’école et l’instruction civique faisaient partie intégrante du parcours scolaire. Ces pratiques vertueuses doivent être réhabilitées. Le nouveau cadre de professionnalisation des PME intégrera également une obligation d’éducation des ménages au tri à la source, avec la mise à disposition de sacs de couleurs différenciées. Cette approche permettra de valoriser les fractions organiques, notamment au profit de programmes de restauration écologique, y compris dans certaines zones minières », répond le ministre Aboubacar Camara.

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