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Les vérités de Mamadi Doumbouya à la CEDEAO : «Les sanctions ne sont pas la solution»

Le chef de l’État guinéen n’a pas mâché ses mots lors du 69e sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO tenu ce 19 juillet à Freetown, en Sierra Leone. 

Le général Mamadi Doumbouya s’est insurgé contre les sanctions que l’institution sous-régionale inflige souvent à certains États membres. 

Pour le président guinéen :«Les sanctions ne sont pas la solution.  Notre sous région a trop souvent choisi la sanction comme premier reflex quand elle devrait être le denier recours.  Or sans hypocrisie, l’expérience nous enseigne : la sanction,  elle frappe d’abord et toujours les enfants dans les salles de classe,  les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers, elle prive les hôpitaux les médicaments de première nécessité, elle vide les marchés  des denrées indispensables,  elle suscite et alimente le trafic en tout genre, elle pénalise les filles et fils de la terre de nos ancêtres.

Une communauté qui corrige un État,  appauvrit, s’éloigne de l’esprit même qui a présidé à sa création.   Nos traditions africaines n’intègrent pas l’esprit de l’exclusion de l’enfant, encore moins l’idée de l’affamer et le combattre.»

Le général Doumbouya précise que l’institution sous régionale est en train de sortir de ses missions lors de sa création. «La vision des pères fondateurs de notre communauté n’était ni punitive,  ni répressive. Elle était avec une parité que l’histoire n’a jamais démenti, celle d’un espace d’une prospérité partagée pour la libre circulation des biens,  des personnes et des idées devrait rapprocher nos peuples plutôt que les isoler . … Une communauté forte n’est pas celle qui sait le mieux sanctionner les membres mais c’est celle qui sait mieux les faire prospérer ensemble. 

Nous devons adapter nos institutions à la réalité de notre époque. On se soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède.  Chaque mal appelle à son traitement.  Chaque situation appelle à sa réponse.  Il en va de même pour nos nations.  Chaque nation, chaque peuple porte une histoire des équilibres et des urgences qui lui sont propre. 

Vouloir appliquer les réalités différentes d’une seule ordonnance aussi bien intentionnelle soit elle, ce n’est pas de la rigueur pour moi. C’est une méconnaissance sur la nature même de nos sociétés.  Nos textes fondateurs ont plus d’un demi siècle. Le monde qu’ils décrivaient n’est plus tout à fait celui que nous vivons», indique le président guinéen devant ses pairs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

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