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Dame Fatou Baldé : « Même si une fille se promène nue dans la rue, cela ne donne pas le quitus à un homme de la violer»

La mobilisation contre les violences corporelles et sexuelles se poursuivent en Guinée. Des défenseurs des droits humains, notamment ceux engagés dans la protection des femmes et des filles continuent de s’indigner face à ce phénomène.

À travers l’initiative « Jeudi noir », ils ont décidé de d’exprimer chaque jeudi, leur indignation face à la recrudescence des viols et interpellent les autorités sur la nécessité de renforcer la lutte contre ce fléau.

Cette mobilisation fait suite à plusieurs cas récents, dont celui d’une jeune femme victime d’un viol collectif à Mandiana. Une vidéo de la victime, diffusée sur les réseaux sociaux, a suscité une vive émotion.

La Directrice exécutive de la Coalition des femmes leaders de Guinée, a dénoncé la banalisation des violences sexuelles.

« C’est malheureux qu’en Guinée, qu’on soit en train de banaliser tout ce qui est grave. Même la vie humaine est devenue banale. Le viol est un phénomène récurrent. Comment peut-on accuser une fillette de 5, 6 ou 8 ans, voire un bébé, d’avoir provoqué son violeur ? Ce sont des malades », s’est indignée dame Fatou Baldé Yansané.

L’activiste estime qu’aucune tenue vestimentaire ou attitude ne peut justifier une agression sexuelle.

« On ne fait pas des filles pour qu’elles soient violées. Même si une personne se promène nue dans la rue, cela ne donne pas le quitus à un homme de la violer. Le corps est sacré. Quelles que soient les circonstances, on ne peut pas normaliser le viol », a-t-elle poursuivi.

Le cas de cette femme en situation de handicap, victime de viol, illustre la vulnérabilité de certaines victimes. Fatou Baldé rappelle que le droit international considère le viol comme un crime particulièrement grave, y compris en période de conflit armé.

« Dans d’autres pays, les auteurs sont considérés comme un danger public. Ils sont emprisonnés ou font l’objet de mesures destinées à empêcher la récidive. Lorsque les enfants deviennent des brebis face à des loups et que cela n’est pas traité comme un crime, c’est que notre pays a perdu ses valeurs », a condamné Madame Yansané.

Si elle salue la forte mobilisation autour du « Jeudi noir », la responsable de la CFLG estime que la lutte contre les violences sexuelles doit être permanente.

« Ce n’est pas un problème d’un seul jour, c’est un problème de tous les jours. Le viol détruit des vies, favorise la propagation des maladies sexuellement transmissibles et réduit à néant les efforts de prévention. La religion le condamne, la morale le condamne et la loi le punit. La justice doit appliquer ces principes avec toute la rigueur nécessaire. »

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