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Aïssatou Bah, sage-femme : “l’excision est une atteinte à la dignité humaine’’

Aïssatou Bah a fait face à des complications lors des accouchements de certaines femmes victimes d’excision. Rencontrée dans une structure sanitaire de la capitale Conakry, la secrétaire générale de l’Association des sage-femmes de Guinée s’est confiée à guineesouverain.com.

L’entretien s’inscrit dans le cadre de la sensibilisation contre les mutilations génitales féminines (MGF) mise en oeuvre par l’ONG Tostan-Guinée en collaboration avec l’UNICEF.

Aïssatou Bah, est sage femme à l’hôpital national Donka, dans la capitale guinéenne. Elle estime que l’excision est un suplice infligé aux femmes. «Pour moi, l’excision, c’est une atteinte même à la dignité humaine.  Et vous le savez comme moi, cela entraine de graves conséquences chez la femme, chez les jeunes filles.»

Parmi les conséquences, la secrétaire générale des Sage-femmes de Guinée énumère les complications et les fistules obstétricales. «Des complications, on en rencontre. Les complications qui peuvent arriver lors de l’accouchement, il peut y avoir des complications, c’est à dire la femme a des difficultés d’accoucher. Parce que vu qu’on l’a excisée, il y a une partie de la femme où cette partie permet à ce que le vagin soit élastique et que cela facilite l’accouchement.

Mais vu qu’on a fait l’excision, cette partie ne sera plus élastique. Donc, cela peut entrainer des fistules obstétricales, des déchirures et beaucoup d’autres complications qui peuvent entraîner des traumatismes voire même des décès de la femme et de l’enfant.»

Dans sa carrière, cette sage-femme dit avoir rencontré des complications liées à l’excision lors des accouchements. Cependant, elle reconnaît que la situation a évolué grâce aux sensibilisations. «C’est vrai qu’au début de ma carrière, j’ai rencontré beaucoup de cas. Mais aujourd’hui, avec les sensibilisations et autres, les rencontres ont beaucoup diminué. Parce que les femmes, c’est quand elles ont des complications, elles vont dans les périphéries et souvent ceux qui sont là-bas n’ont pas de compétences. Donc, ils vont continuer à surveiller la femme. Et quand vient, elle est vraiment dans un état critique. Tout suite, on intervient. On fait une césarienne.»

Parmi les armes utilisées par l’Association des Sage-femmes de Guinée contre l’excision, il y a la sensibilisation. Celles-ci commencent à porter fruits avance cette épidémiologiste. «Au sein de notre association, nous faisons des sensibilisations auprès des prestataires. Parce que ce sont les prestataires souvent qui étaient impliqués. Mais avec les sensibilisations, cela a réduit nettement. Nous faisons des sensibilisations aussi dans la communauté, auprès des femmes, auprès d’associations de femmes, même auprès des confessions religieuses et autres.

A l’époque, il y avait vraiment des barrières. Mais maintenant, les gens acceptent quand on leur explique surtout les conséquences. C’est cela surtout. Parce que nous on parle des conséquences. Et quand on explique des conséquences, les femmes acceptent et elles adhèrent. Mais cela ne veut pas dire que ça complément cessé. Mais quand même, les femmes adhèrent à la cause.»

Dame Aïssatou continue de croire en une fin de l’excision en Guinée. Elle demande aux autorités, ONG et partenaires techniques et financiers de se donner la main pour mettre un terme à l’excision.

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