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Yimbayah-Gbessia : immeubles coiffés, les occupants entre ruine et inquiétude

Plusieurs immeubles situés aux abords de l’Aéroport International Ahmed Sékou Touré de Gbessia ont été cochés samedi 12 septembre par le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire pour des raisons de “sécurité d’État”. Sur le terrain ce lundi, notre rédaction a rencontré des habitants et entrepreneurs concernés.

Amadou Camara est l’un des plus anciens occupants des lieux. Il dit avoir acheté sa parcelle en 1972. Il revient sur les circonstances dans lesquelles la nouvelle leur a été annoncée.

«J’ai acheté ici depuis 1972. Ils sont venus nous trouver ici dimanche. Ils nous ont instruit de démanteler l’immeuble situé ici. Nous avons demandé ‘pourquoi’? Ils nous ont dit que c’est pour la sécurité d’État. Nous étions stupéfaits. Mais bon, nous avons décidé de rester derrière les autorités. Ce matin, les agents de sécurité sont venus dégager la coiffure des immeubles. Bref, on nous a rassurés ici que c’est seulement l’immeuble qui surplombe qui est concerné», a-t-il expliqué.

Pour ce père de famille, s’il accepte de se plier à la décision de l’État, il interpelle toutefois les autorités sur la question de l’indemnisation.

«Nous ne nous opposerons pas à cela, parce que certainement, notre sécurité en dépend aussi. Cependant, nous plaidons pour une indemnisation rapide. Parce que la dépense devient de trop après ce déguerpissement», mentionne M Camara.

Autre inquiétude, celle des entrepreneurs. Jean Gbamy occupe le premier étage d’un immeuble de cinq dalles visé par l’opération de taillage. Il dit avoir appris la nouvelle avec stupéfaction.

«La nouvelle est tombée sur nous, s’il faut dire ainsi. D’après les informations que nous avons reçues, il était question de tailler l’immeuble vu que l’immeuble fait face à l’aéroport international de Gbessia. Et donc, jusque-là, nous sommes en train de nous entretenir pour voir dans quelle mesure faire les choses», soutient-il.

Au-delà de la perte de son activité, l’entrepreneur s’interroge sur la solidité du bâtiment qui sera partiellement démoli.

«Naturellement nous sommes inquiets parce que déjà ça va se répercuter sur nos activités. Vu que c’est un immeuble de cinq dalles. Vouloir le tailler alors que nous occupons le bas, c’est une inquiétude parce qu’on ne sait pas comment le bâtiment va se soutenir. Nous sommes en train de voir si seulement, ça ne peut pas impacter nous qui sommes en bas afin de prendre une décision s’il faut quitter ou pas», a laissé entendre Jean Gbamy.

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