Les travailleurs de la commune de Dixinn menacent d’observer une grève générale illimitée à partir du lundi 26 octobre 2026 si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Dans une déclaration rendue publique ce mardi 20 octobre, leur secrétaire général, Kalifa Diawara, réclame le paiement intégral de neuf mois d’arriérés de salaire couvrant les années 2025 et 2026.
Parmi leurs principales revendications figurent également le paiement des primes de fonction des chefs de service et le refus de tout arrangement limité aux arriérés de 2025.
Ces agents communaux exigent aussi la reconnaissance écrite de la requalification de leurs contrats en contrats à durée indéterminée (CDI), le retrait de la décision de résiliation ainsi que la suspension de toute mesure de rupture ou de non renouvellement de leurs contrats.
Ils demandent par ailleurs la régularisation de leur situation auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), avec la délivrance de bulletins de paie conformes. Ils souhaitent également la poursuite du dialogue avec les autorités communales, accompagnée d’un plan de régularisation et d’un calendrier précis.
Un dialogue jugé insuffisant
Les travailleurs affirment avoir privilégié le dialogue avant d’envisager une grève. Selon leur déclaration, leur cahier de charges a été transmis à la maire le 25 septembre, accompagné d’une demande de concertation dans un délai de quinze jours, sans réponse jugée satisfaisante.
Le 14 octobre, ils ont déposé un préavis de grève. Le lendemain, ils ont informé la gouverneure de la ville de Conakry, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation ainsi que l’Inspection générale du travail.
Le dialogue s’est finalement ouvert le 19 octobre, sous la présidence du secrétaire général de la commune. Les travailleurs disent saluer cette ouverture, tout en maintenant leurs revendications.
Un désaccord sur les arriérés de salaire
Les agents communaux accusent la nouvelle maire de vouloir limiter le paiement des arriérés à deux mois de l’année 2025, au lieu de régler les neuf mois réclamés pour 2025 et 2026.
« Madame le Maire veut payer les deux mois de 2025 et demande que l’on ne parle plus des salaires de 2026. Nous la rejetons. Ce travail a été fourni, il doit être payé », a insisté Kalifa Diawara.
Les travailleurs indiquent également bénéficier du soutien de l’Union locale des travailleurs de Dixinn, de l’Union régionale des travailleurs de Conakry ainsi que des bureaux exécutifs nationaux de la CNTG et de la COSATREG. Ces organisations se réservent le droit d’engager des actions de solidarité prévues par la loi, selon la déclaration.
« Toute atteinte aux droits d’un travailleur de Dixinn est une atteinte aux droits de tous les travailleurs de Guinée », soulignent-ils.
Un appel au chef de l’État
Les travailleurs sollicitent enfin l’intervention du président de la République afin d’obtenir le paiement des sommes qu’ils réclament et le respect de leurs droits.
« À Monsieur le Président de la République, chef de l’État : nous en appelons à votre haute autorité, en votre qualité de garant de la justice sociale et du respect de la loi, pour que les travailleurs de la commune de Dixinn soient rétablis dans leurs droits et que cessent des mesures qui violent le Code du travail », ont-ils déclaré.
En cas d’absence d’un accord satisfaisant, les travailleurs annoncent une grève générale illimitée à compter du lundi 26 octobre 2026 à 8 heures, jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
