La décision de Conakry d’interdire l’exploitation sauvage de l’or à Siguiri continue de susciter des réactions. Ce jeudi 5 novembre 2026, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, en a expliqué les motifs au corps diplomatique accrédité en Guinée.
Le chef de la diplomatie guinéenne a présenté cette activité informelle comme une menace écologique et environnementale aux conséquences visibles dans cette zone aurifère.
« Qu’est-ce que nous avons constaté ? Des galeries creusées pour chercher de l’or… tout est enlevé, jusque dans les villes. Les animaux, vous les avez vus, morts. C’est ça que nous avons signé à la COP ? Protéger la nature, l’environnement, c’est ça qu’on a signé ? Combien de personnes ont été hospitalisées à cause du cyanure ? », s’est-il interrogé.
Il a également évoqué le projet Simandou 2040, pour lequel la Guinée a consacré des mois de négociations afin de garantir le respect des normes environnementales.
« Nous avons pris des mois et des mois à négocier le respect de l’environnement par rapport à ce grand projet. Les exploitants sauvages de l’or vont venir déséquilibrer, détruire nos forêts, nos eaux et obstruer nos rivières. »
Selon le ministre, certaines vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux montrent que ces jeunes venus chercher leur vie sur le sol guinéen n’avaient pas de bonnes intentions. Malgré les dispositions prises par la justice, le chef de l’État est intervenu pour apaiser les tensions, tout en rappelant les limites de chacun.
« Vous avez vu ces jeunes qui disent sur les réseaux : “Nous, on est venus pour creuser ici, détruire la terre de la Guinée, prendre ce qui me revient et aller construire chez nous.” Ils n’ont pas de nationalité, ce sont des individus. Des Guinéens, des Chinois, 409 Burkinabè, 606 Maliens, des Ivoiriens, Togolais, Camerounais, Sierra-Leonais, Béninois, Ghanéens, Nigérians, Béninois, Vietnamiens, Indiens, etc. qui ont été arrêtés.
Le Président de la République m’a demandé de traiter ces questions de façon diplomatique pour raffermir encore plus les relations avec nos pays frères. Notre justice a fait un travail merveilleux. Ils ont été remis à leurs ambassades, ni vu ni connu. Nous avons dit à leurs représentants :Nous sommes des frères, ils sont sous le coup d’infractions : traite d’êtres humains. Mais la fraternité africaine est au-dessus de toutes les lois », a-t-il rappelé.
Poursuivant, il ajoute que ces mis en cause ont été relaxés sans contraintes judiciaires afin de retourner chez eux. Chose qui n’a été respecté.
« C’est comme s’ils étaient allés en chercher d’autres. Ils sont revenus par centaines et par milliers à Siguiri. Ils ont recommencé. Parce qu’ils ont confondu le panafricanisme du Président, le panafricanisme de la Guinée, avec de la faiblesse. Ils ont cru que nous étions un pays faible. Mais nous ne sommes pas un pays faible. »
Le chef de la diplomatie guinéenne a invité ces corps diplomatiques à ne pas se laisser influencer par les réseaux. Il souhaite à ce que ceux-ci s’imprègnent de la réalité pour aller transmettre le bon message à leurs hiérarchies.
« N’écoutez pas Facebook, n’écoutez pas TikTok, n’écoutez pas l’intelligence artificielle. Écoutez ce que vous voyez vous-mêmes de vos propres yeux en Guinée, et envoyez-le à vos capitales », a-t-il lancé.
