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Départ des Guinéens pour le Maroc

Bourses, débrouille et solidarité : le parcours des étudiants guinéens au Maroc

Ils sont nombreux à quitter la Guinée pour poursuivre leurs études au Maroc, portés par une bourse ou par leurs propres moyens. Entre recherche de logement et retards de paiement pour les boursiers, leur installation raconte des histoires peu connues du grand public.

Depuis 2022, Ibrahima Kalil Keïta décide de rejoindre le Royaume Cherifien pour poursuivre ses études, grâce une bourse accordée par l’Agence Marocaine de la Coopération Internationale

« Je suis au Maroc à la faveur d’une bourse dont j’ai bénéficié de la part de l’AMC, l’Agence Marocaine de la Coopération Internationale. J’ai tenu à faire les démarches nécessaires afin de continuer mes études à l’étranger, et le choix est tombé sur le Maroc », raconte-t-il.

Arrivé en 2022 à la faculté de droit de l’université Mohammed V de Rabat, il y a décroché sa licence en droit privé en 2025 et poursuit aujourd’hui un master en droit de l’environnement et du développement durable dans le même établissement.

Pour Mamadou Ramadan Barry, boursier lauréat de la Guinée en 2023, la première épreuve a été de trouver un toit. Une étape qu’il a pu franchir grâce à un réseau associatif bien implanté. « J’ai pu trouver mon logement grâce à l’Association des Stagiaires et Étudiants Guinéens au Maroc (ASEGUIM). Ils m’ont guidé et aidé dans les démarches avant même mon arrivée sur le territoire marocain, ce qui a beaucoup facilité mon installation », explique-t-il.

La recherche d’un logement adapté n’a pourtant pas été instantanée. « La recherche a pris un peu de temps car s’adapter à un nouveau cadre demande un temps d’ajustement. Finalement, les choses se sont bien déroulées et je n’ai eu à déménager qu’une seule fois depuis mon arrivée », se réjouit-il.

Mais l’installation n’est qu’une étape parmi d’autres. Une fois sur place, l’acquisition des bourses d’études est un autre problème qui rythme les besoins quotidiens. « Le retard dans le versement des bourses est en effet l’un des plus grands défis auxquels nous faisons face ici. Les délais de retard varient : parfois cela prend quelques jours ou semaines, mais il est déjà arrivé de devoir attendre plusieurs mois, voire près d’une année. Pendant ces moments difficiles, la solidarité entre étudiants joue un rôle crucial », », précise Ramadan Barry.

De cette expérience, Ibrahima Kalil Keita tire une leçon qu’il adresse directement aux futurs candidats au départ. Selon lui, tout se joue en amont, dès le lycée.

« Pour ceux qui veulent venir continuer les études au Maroc aussi, il faut avoir l’idée dès la fin du bac, de ce que vous voulez, c’est le plus important parce qu’il est difficile de se réveiller du jour au lendemain et se dire je vais aller continuer mes études. Car ça demande beaucoup de démarches et pour cela, il faut travailler au lycée. Il faut s’informer beaucoup plus auprès de ceux qui sont au Maroc, prendre contact avec le SNABE parce qu’il y a beaucoup de bourses que les pays étrangers offrent à la Guinée, pas uniquement au Maroc. »

Il rappelle enfin l’existence de dispositifs complémentaires à la coopération d’État. En dehors des bourses accordées à la Guinée chaque année, l’AMCI offre également des bourses aux étudiants à travers des démarches parallèles qui peuvent les aider à poursuivre leurs études au Maroc

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