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Grève des chauffeurs de Labé

Labé : la grève des transporteurs se généralise et prend de l’ampleur

Le mouvement de grève déclenché par les professionnels du transport continue de paralyser le secteur à Labé. Si, au départ, seul l’axe Labé-Sénégal-Gambie était touché, le mouvement s’est étendu, ce mardi 8 septembre 2026, à plusieurs autres axes routiers de l’intérieur du pays.

Les conducteurs dénoncent de nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés sur le terrain et appellent les autorités à trouver rapidement une solution afin d’éviter que cette situation n’affecte davantage les activités économiques.

Trouvé à la gare routière de Kouroula, Boubacar Bah, dit Obama, chauffeur sur les axes Labé-Bamako, Labé-Kindia et Labé-Conakry, revient sur les raisons qui les ont poussés à rejoindre leurs pairs de l’axe Labé-Sénégal dans ce mouvement de débrayage.

‘‘Les difficultés que rencontrent nos pairs sur l’axe Labé-Sénégal sont aussi les miennes. C’est pourquoi nous nous sommes dit qu’il fallait suivre le mouvement de grève et arrêter tout trafic routier. Vous savez, si nous sommes unis, il est plus facile d’obtenir gain de cause. Nous traversons une période difficile, mais il faut tenir jusqu’à la satisfaction de nos revendications, dans l’espoir d’obtenir une vie meilleure’’, a-t-il expliqué.

Pour sa part, Boubacar Simpetin Diallo, un autre chauffeur, invite les autorités à intervenir afin de désamorcer la situation : ‘‘Que les autorités nous aident à alléger les choses. Les tracasseries routières sont énormes, c’est pourquoi nous avons décidé de stationner nos véhicules. Nous n’avons dit à personne de semer le désordre. Ce mouvement a été initié par nous, les chauffeurs. À certains endroits, des barrages ont été érigés pour empêcher certains de boycotter le mouvement et de poursuivre leur voyage. Mais au niveau de ces barrages, nous ne brutalisons personne. Nous essayons simplement de faire comprendre aux chauffeurs qui veulent voyager que ce mouvement est dans notre intérêt à tous. Je vous le dis : que vous soyez chauffeur faisant la navette entre Labé et le Sénégal, Labé et la Sierra Leone, ou encore Labé et Bamako, nous sommes tous de la même famille’’, a-t-il soutenu.

Ce mouvement de grève entraîne également des difficultés pour les voyageurs. Plusieurs d’entre eux passent la nuit dans les gares routières, tandis que d’autres sont contraints de louer des magasins pour se mettre à l’abri.

C’est le cas de Facely Condé, venu de Seinko, dans la préfecture de Beyla, et qui se rendait en Gambie : ‘‘Depuis samedi dernier, nous sommes là et ça ne va pas du tout. La grève des chauffeurs nous a vraiment fatigués. On passe la nuit à la gare routière. D’autres louent des magasins à 10 000 ou 20 000 FG la nuit. En plus, la nourriture est trop chère, ça nous fatigue vraiment. Parfois, nous ne mangeons qu’une seule fois par jour. Moi, je suis parti de Beyla, précisément de Seinko, et je voulais aller en Gambie, mais je suis bloqué ici.

Nous demandons aux deux camps de s’asseoir et de discuter afin de trouver une solution. Sinon, nous, nous mangeons notre transport comme ça’’, a-t-il déploré.

Amadou Oury Diallo, correspondant régional

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