La FIFA savait-elle que le gardien congolais Lionel Mpasi n’était pas éligible avant la Coupe du monde ? Selon des documents internes de l’instance, cités mardi par The New York Times et Le Monde, la question se pose désormais au sujet de plusieurs matchs de qualification disputés par le joueur.
Âgé de 32 ans, Lionel Mpasi avait été sélectionné avec les moins de 17 ans de l’équipe de France. Selon ces médias, il n’aurait jamais obtenu l’autorisation nécessaire de la FIFA pour changer de nationalité sportive et représenter le Congo. Pourtant, le gardien a participé à cinq rencontres de qualification, dont le barrage africain remporté contre le Nigeria en novembre dernier, puis le barrage intercontinental face à la Jamaïque en mars. Ces résultats ont permis au Congo de décrocher sa première qualification pour une Coupe du monde en 52 ans.
Mpasi a ensuite disputé les quatre matchs du Congo au Mondial, dont un nul 1-1 face au Portugal de Cristiano Ronaldo et une défaite 2-1 contre l’Angleterre en seizièmes de finale. Mais selon les documents cités par The New York Times et Le Monde, les juristes de la commission disciplinaire de la FIFA avaient relevé que Mpasi ne disposait pas de l’autorisation officielle nécessaire lorsqu’il avait été sélectionné par le Congo en 2021.
La plainte du Nigeria
La Fédération nigériane de football avait saisi la FIFA pour dénoncer une éventuelle violation du règlement. Parmi les options étudiées figurait la possibilité de faire remplacer le Congo par le Nigeria pour le barrage contre la Jamaïque. Une autre option consistait à rejeter la plainte nigériane, notamment en raison d’un dépôt jugé tardif.
Les règlements de la FIFA prévoient par ailleurs que l’instance peut engager elle-même une procédure en cas d’alignement d’un joueur inéligible. En 2016, la Bolivie avait notamment perdu deux matchs de qualification pour la Coupe du monde 2018 après avoir aligné un joueur non autorisé.
La FIFA affirme que ses instances disciplinaires sont indépendantes et qu’elles statuent en fonction des règlements et des faits propres à chaque affaire. Selon Le Monde, l’annulation des résultats des matchs de qualification auxquels Mpasi a participé aurait également pu modifier la composition des barrages africains et profiter au Burkina Faso.
Ces révélations interviennent à la veille d’un sommet de trois jours de la Confédération africaine de football au Cap-Vert, auquel doivent participer notamment des responsables congolais, nigérians et burkinabè, ainsi que le président de la FIFA Gianni Infantino.
Le président de la Fédération congolaise de football, Véron Mosengo-Omba, entretient de longue date des relations professionnelles avec Infantino. Les deux hommes ont notamment étudié ensemble en Suisse et travaillé à l’UEFA puis à la FIFA. Le sommet intervient alors que Gianni Infantino se prépare à l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars.
