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Nos vœux du nouvel An 2026 au vaillant et digne peuple de Guinée ( Par Pr Ismaël Condé)

L’année 2026 marque les 42 ans du coup d’Etat militaire du 3 Avril 1984.
Tout le monde sait que ce coup d’Etat a radicalement condamné le régime qu’il a renversé à savoir le régime de la Révolution. Ce régime qui a été bâti par le PDG (Parti Démocratique de Guinée) sous la conduite du Président Ahmed Sékou Touré.


Au moment où on le renversait, ce régime avait 26 ans.
Il était un régime anti capitaliste ou pro socialiste. En le condamnant pour justifier son renversement, le nouveau pouvoir l’a remplacé par un régime capitaliste.
C’est pour dire que les 42 dernières années ont été vécues par le Peuple de Guinée dans le régime capitaliste.
Ici il est très important de présenter, même succinctement, chacun de ces deux régimes.

Dans le régime pro-socialiste du PDG, la vie politique et la vie syndicale ont été régies par la démocratie dite participative. Dans la démocratie participative, le peuple, dans tous les domaines, est à la conception, à la définition, à la réalisation et au contrôle de toutes les actions ou de toutes les entreprises. Par cette nature, la démocratie participative s’exerce particulièrement dans le cadre du parti unique et du syndicat unique.

Sois dit en passant, dans une prochaine communication, nous traiterons du sujet important du parti unique.

En reprenant le fil de nos idées, nous disons qu’un autre trait du régime socialiste est que dans ce régime tout appartient au Peuple, autrement dit tous les domaines de la vie sont organisés et gérés par le Peuple lui-même à travers principalement ses élus.
C’est ce qui explique par exemple l’existence dans ce régime des Entreprises Nationales ou des Entreprises d’Etat.
On comprend ainsi le role primordial ou essentiel qui revient à l’État dans ce régime.
Dans ce même régime c’est l’Etat qui oriente, organise et fait réaliser tout par la méthode de la planification rigoureuse.

Quant au régime capitaliste, il est tout à fait le contraire du régime socialiste.
Dans le domaine fondamental de la politique et du syndicalisme, le régime capitaliste repose sur la multiplicité des partis politiques et des organisations syndicales.
C’est pourquoi la démocratie dans ce système est la démocratie élective ou la démocratie des élections seulement.
Dans tous les autres domaines de la vie, notamment, ceux de l’économie, de l’éducation, de la culture, de la santé etc…, l’action du capitalisme repose sur l’initiative privée qui se réalise par l’entreprise privée.
Dans le régime capitaliste le rôle de l’Etat est limité, la planification dans ce régime est tout simplement indicative.

À la comparaison de ces deux régimes, on reconnaît que si le socialisme est fondamentalement à la recherche du bonheur commun ou du bien-être de tout le peuple, le capitalisme, quant à lui, est fondamentalement à la recherche du profit.

Et de ce fait, le capitalisme ne peut pas ne pas entretenir et développer l’exploitation de l’homme par l’homme.
Cette pratique qui donne naissance aux inégalités.
Des inégalités croissantes et révoltantes.

En situant cette comparaison au niveau des réalités de la Guinée de l’avant coup d’Etat du 3 Avril 1984 (le temps de la Révolution ou du socialisme) et de la Guinée de l’après coup d’Etat militaire du 3 Avril 1984 (le temps du capitalisme), l’objectivité fait ressortir les vérités suivantes :

1_Jusqu’au 3 Avril 1984, l’unité nationale ou la cohésion sociale et l’entente régnaient entre les Guinéens.
Ils se mariaient entre eux sans préjugé. Ils étaient solidaires en toute chose.

2_ Le chômage n’existait pas sous la forme du fléau qui l’affecte depuis les transformations opérées à partir du 3 Avril 1984.
La raison de ce fait a été que,
dans le domaine fondamental de l’éducation, la formation était déterminée par les besoins, les intérêts et les aspirations du peuple.
Le President Ahmed Sékou Touré a résumé cette caractéristique de l’éducation dans la formule <>.
Par ce principe, au sortir de l’école, le jeune, parce que possédant un savoir-faire ou un métier, était automatiquement affecté ou dans un service ou dans une Entreprise.
On ne peut conclure ces considérations sur le chômage sans rappeler que le Président Ahmed Sékou Touré disait du chômeur qu’il était en réalité <>. Le Président défendait que si le vrai mort n’avait plus besoin de logement, de nourriture, d’habillement et de bien d’autres choses nécessaires à la vie, le chômeur est bien ce mort qui ressent tous ces besoins mais qui est incapable de les satisfaire. D’où la contrainte du chômeur au chemin des pratiques condamnables ou nuisibles.

3_ La jeunesse au temps de la Révolution ne pouvait pas se consumer dans le désespoir pour risquer sa vie dans l’immigration clandestine qui devient de plus en plus synonyme de mort dans le Sahara ou dans la mer Méditerranée.

Ici il faut rappeler
que l’organisation de la culture (théâtre, musique, sport etc…) ouvrait l’horizon aux jeunes qui n’avaient pas eu la chance d’aller à l’école ou de continuer l’école. Le recrutement, soit dans les orchestres, soit dans les ballets ou les ensembles instrumentaux, après les compétitions nationales annuelles soutenait cet espoir.
La jeunesse était ainsi mise à l’abri de la dépravation par l’alcoolisme, par la toxicomanie (la drogue), par la débauche ou la prostitution.

4_ Les Guinéens étaient dignes et fiers. Ils s’étaient radicalement affranchis de tout complexe, surtout du fameux complexe de l’infériorité devant l’homme blanc de l’Occident. Les Guinéens étaient donc pleinement épanouis.
Ceci a fait que partout ils étaient respectés ou considérés.

5_ La cupidité qui consacre le règne de l’argent était contenue ou maîtrisée par la rigueur dans la répression de son arme qu’est la malhonnêteté.
Surtout la malhonnêteté sous ses formes du vol et du détournement du bien public mais aussi sous sa forme de la corruption.

6_ Parce que libre et souverain, le Peuple de Guinée, par la diversification et l’industrialisation de son économie et aussi par la réalité qu’il avait sa propre monnaie nationale, s’était véritablement engagé dans la vraie et la seule voie du développement.

7_ Un autre grand mérite du régime de la Révolution a été qu’il a institué, maintenu et renforcé la gratuité totale dans les domaines combien essentiels de l’éducation et de la santé. Naturellement cette gratuité ne pouvait pas permettre l’existence des écoles privées et des cliniques privées.

8_ Parce que libre et souveraine, la Guinée avait sa propre compagnie aérienne AIR-GUINÉE et sa propre compagnie maritime. Ici il faut dire également que la ligne de chemin de fer Conakry-Kankan était la propriété de l’Etat.

Ce sont ces réalités que le coup d’Etat militaire du 3 Avril 1984, sous le prétexte que le régime de la Révolution a été “un régime dictatorial, un régime sanguinaire, un régime du chao économique etc…”, est venu bloquer et supprimer totalement en faveur du régime capitaliste. Et pour mettre en place ce régime, le coup d’Etat militaire du 3 Avril 1984 a mis en application deux grandes mesures.
Ces mesures lui ont été dictées ou imposées par les Occidentaux anciens maîtres coloniaux.
On peut ainsi soutenir que ces mesures ont été des dictats ou des ordres définis par l’intermédiaire de leurs instruments que sont la Banque Mondiale et le FMI Fonds Monétaire International.

La première de ces mesures, connue sous le nom de l’ajustement structurel a porté sur le domaine socio-économique.
Cette mesure a procédé à la dévaluation de la monnaie nationale, au licenciement de près de la moitié des effectifs de la Fonction Publique.
C’est cette même mesure qui a procédé à la privatisation générale ou à la mort des Entreprises Nationales.
Il faut dire de la privatisation qu’elle a été faite plus en faveur des Entreprises étrangères qu’en faveur du secteur privé national.

La deuxième mesure a porté sur la vie politique et la vie syndicale.
À ces niveaux, elle a été principalement la réinstauration ou le retour du pluralisme. Dans le domaine politique le pluralisme a mis en place le multipartisme ou la démocratie à l’occidentale. Le multipartisme a été imposé aux anciennes colonies françaises d’Afrique par le seizième sommet de la conférence franco-africaine tenu en Mai 1990 dans la ville française
appelée La Baule.
Dans le domaine syndical le pluralisme s’est traduit par la multiplicité des organisations syndicales.

En s’harmonisant l’un avec l’autre, ces dictats ou ces ordres ont donné naissance aux différentes calamités ou fléaux qui étouffent les Guinéens chaque jour davantage.

À notre avis, ces calamités ou ces fléaux sont d’une part la division suscitée et entretenue par la haine et l’exclusivisme éthniques, et d’autre part, la cherté croissante de la vie.

Ce diagnostic nous fait penser que la lutte du Peuple pendant la nouvelle année 2026 doit porter d’abord sur la reconstruction et le renforcement de la nécessaire unité nationale. Cette lutte commande à chaque Guinéen de combattre en lui-même et autour de lui, les facteurs de la division parmi lesquels le vol et le détournement des biens publics, la corruption et autres délits ou crimes.

La nouvelle année 2026 impose également la lutte à outrance contre la cherté de la vie. Selon nous, cette lutte doit avoir pour objectif principal le redressement moral du Guinéen.
Ce redressement moral doit combattre l’esprit de l’enrichissement illicite. Il faut que l’argent cesse d’être le maître du Guinéen. Le Guinéen ne doit se reconnaître de maître que Seul Son Créateur Dieu.

À ce propos, selon nous, le Président de la République nouvellement élu Mamadi DOUMBOUYA, précise la stratégie de ces différents combats dans sa réflexion-ci :
citation <> fin de citation.
À nos yeux, cette réflexion qui remonte à l’année 2023, dénonce la grave ou dangereuse erreur qui consiste à séparer le passé du présent et de l’avenir et à noircir, à calomnier, à dénigrer et à déformer le passé. Il est une vérité évidente que rien de solide ne peut se construire sur le mensonge.
Dans cet ordre d’idées il apparaît comme une nécessité impérieuse que nous lavions notre passé de la souillure ou des saletés dont la haine et les bas sentiments l’ont recouvert.
À notre sens le verset 11 de la sourate 13 du Saint Coran est particulièrement pertinent ou opportun à ce sujet. Dans ce verset nous lisons :
<< En Vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes .>>.
Cette Parole Divine ou ce Commandement de Dieu nous impose, nous oblige à nous débarrasser des défauts qui sont en train de ruiner actuellement notre société et qui sont, entre autres, la haine, l’ethnocentrisme, la duplicité, la cupidité, la démagogie, l’arrivisme, l’hypocrisie, la perfidie et plus particulièrement l’aliénation culturelle.
Courage à chacun de nous dans l’application à nous même et autour de nous de l’Avertissement Divin exprimé dans le verset coranique ci-haut rappelé.

Nos vœux de bonne et heureuse année au vaillant et digne peuple de Guinée.

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