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Popodara ( Labé) : chaque élève contraint de payer  135 000 GNF pour la prise en charge des enseignants contractuels

À Popodara, la prise en charge des enseignants contractuels suscite des débats entre les responsables de l’éducation et les parents d’élèves.

Pour faire face aux difficultés de paiement et assurer la continuité des cours, la mairie a proposé un mécanisme de cotisation. Une initiative qui ne fait toutefois pas l’unanimité au sein des APEAE.

Joint au téléphone, Alpha Oumar Diallo, président de l’APEAE de Hamdallaye, revient sur la réunion tenue à Popodara et explique les difficultés rencontrées dans la prise en charge de l’enseignant contractuel de son école.

« Nous payons un enseignant contractuel à hauteur de 900 000 francs guinéens par mois. À cela s’ajoutent ses dépenses, qui s’élèvent à environ 500 000 francs, soit un total de 1 400 000 francs par mois.

Cependant, nous rencontrions assez de difficultés pour mobiliser ces fonds. Chaque mois, chaque personne cotisait à hauteur de 15 000 francs. Mais parfois, certains n’arrivaient à payer que vers le 15 du mois. Nous étions alors obligés de compléter nous-mêmes la somme, en attendant de récupérer les cotisations.

Ces derniers temps, nous, les responsables du bureau de l’APEAE, avons confié cette tâche au directeur. Pendant environ trois mois, les cotisations ont été collectées normalement.

À l’approche de la rentrée scolaire, nous avons été convoqués à la commune de Popodara. Il nous a été proposé que désormais, chaque personne verse une contribution annuelle de 135 000 francs dans une caisse au niveau de la commune. À la fin de chaque mois, l’enseignant contractuel pourrait ainsi venir percevoir son salaire. Ce système permettrait également de mieux suivre son travail et la manière dont il dispense les cours.

À notre retour, nous avons expliqué cette proposition aux parents d’élèves. Certains y sont favorables, tandis que d’autres s’y opposent catégoriquement.

Dans ce cas, nous allons convoquer une réunion avec l’ensemble des personnes concernées. Si tout le monde est d’accord, nous appliquerons cette décision. Dans le cas contraire, nous informerons le DSEE que les parents ne sont pas d’accord », a-t-il expliqué.

De son côté, Abdoulaye Diallo, maire de la commune rurale de Popodara, revient sur les raisons qui ont conduit la mairie à proposer ce nouveau mécanisme.

« Lorsque nous avons été installés, nous avons constaté que la délégation avait mis en place un lycée ici, à Popodara. Elle nous a demandé de tout faire pour soutenir cet établissement. Nous leur avons fait savoir que l’administration est une continuité et que nous allions soutenir le lycée selon nos moyens.

C’est dans ce cadre que nous avons convoqué une réunion avec les présidents des districts et les directeurs d’écoles, afin de leur expliquer la nécessité de contribuer au fonctionnement du lycée. Là-bas, les enseignants sont payés à l’heure et l’effectif des élèves ne dépasse même pas 100. À eux seuls, ils ne peuvent donc pas assurer la rémunération des enseignants.

Nous avons proposé d’élargir les cotisations à l’ensemble des élèves, de l’enseignement élémentaire au collège, jusqu’au lycée. La cotisation a été fixée à 7 000 francs guinéens par élève afin de prendre en charge le programme des enseignants contractuels du lycée.

C’est au cours de cette rencontre que les directeurs d’écoles nous ont fait savoir qu’ils avaient également des enseignants contractuels à leur niveau et qu’ils rencontraient des difficultés pour les prendre en charge, sans bénéficier d’un soutien officiel », a-t-il fait savoir.

Face à cette problématique de contractualisation, la mairie estime qu’il fallait trouver une solution commune pour assurer la continuité des cours :

« Dans ce cas, une conseillère a proposé de mettre tous ces problèmes dans un même panier. Nous avons ensuite convoqué une autre réunion, à laquelle ont participé Madame la DSEE, Madame la sous-préfète, les directeurs d’écoles, les APEAE, un représentant du lycée ainsi que le responsable de l’éducation au niveau de la mairie.

Nous avons exposé le problème et procédé à une évaluation. Nous avons constaté qu’il y avait, au niveau de l’enseignement élémentaire, 50 enseignants contractuels, six au collège et cinq au lycée.

Nous sommes convenus de fixer la rémunération à 1 200 000 francs guinéens par enseignant au niveau de l’élémentaire, à 27 000 francs guinéens l’heure au collège et à 30 000 francs guinéens l’heure au lycée.

Nous sommes donc tombés d’accord sur ces montants. Aujourd’hui, l’enseignement est devenu obligatoire dans le pays et l’État a annoncé qu’il procédera au recrutement d’enseignants. Mais nous ne pouvons pas attendre ce recrutement pendant que les enfants restent sans cours.

Il fallait donc trouver une solution provisoire pour assurer la continuité de l’enseignement jusqu’à ce que l’État procède au recrutement », a conclu le maire de Popodara.

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