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Dr Ben Youssouf Keita sur les conséquence de l'excision

Dr Ben Youssouf Keïta, médecin : « L’excision n’apporte aucun avantage à la santé de la jeune fille.»

La Guinée fait partie des pays qui pratiquent de plus l’excision dans le pays. Mais sur le terrain, plusieurs activités de sensibilisations sont organisées. Parmi les ONG qui se battent contre ce phénomène, il y a Tostan-Guinée.

 Cette Organisation Non gouvernementale est en ligne de mur avec l’accompagnement des partenaires techniques et financiers comme UNICEF.

Mais qu’est-ce que l’excision ?

Quelles sont les conséquences de cette pratique sur la santé de la jeune fille ?

Que faut-il faire pour lutter freiner la pratique en Guinée ?

Guineesouverain s’est entretenu avec Dr Ben Youssouf Keïta, médecin des hôpitaux de Paris et ancien président de la commission Santé à l’Assemblée nationale guinéenne.

Guineesouverain : qu’est-ce que l’excision ?

Dr Ben Youssouf Keïta : l’excision est un acte de petite chirurgie qui consiste à amputer une petite partie ou tout le clitoris qui n’est autre qu’une partie de l’organe génitale externe de la petite fille. Ce clitoris est un amat de nerfs, de vaisseaux et des petits muscles très sensibles et qui a un rôle fondamental pendant l’accouchement de la femme. C’est celui qui permet l’élasticité et l’ésouchement généralement sans déchirure dans les conditions les meilleures. Ceci étant, il faut le préserver. Parce qu’une fois touché, pendant l’accouchement, il y avoir des complications.

Guineesouverain.com : quelles sont les conséquences de l’excision sur la santé de la jeune fille ?

Dr Ben Youssouf Keïta : les conséquences de l’excision sur la santé de la jeune fille sont nombreuses. Il faut d’abord connaître les complications possibles, immédiates. Les complications immédiates peuvent être le saignement, qui s’il n’est pas juguler peut amener la petite fille à la mort. Il y a l’infection. Il y a enfin le rétrécissement qui peut à la longue agir sur la qualité de la vie sexuelle de la fille quand elle sera mariée.

Conséquences à long terme, c’est pendant l’accouchement. Le rôle du clitoris, c’est de permettre que le bébé sorte sans difficultés majeures.  Si non, on sera obligé de faire l’hepyphirtomie ou s’il n’y a pas une bonne sage-femme pour le faire, la déchirure peut aller jusqu’à bloquer les fistules vésicaux vaginales chez la femme. Au meilleur des cas, on passe par la césarienne. Alors donc, l’excision n’apporte aucun avantage à la santé de la jeune fille. Ça diminue sa sensibilité sexuelle, ça agit négativement sur sa vie conjugale et pendant l’acte de naissance de la progéniture, des complications sérieuses peuvent apparaître.

Guineesouverain.com : la Guinée fait partie des pays qui pratiquent de plus l’excision au monde. Pourquoi selon vous cette pratique perdure dans le pays ?

Dr Ben Youssouf Keïta : on le dit souvent, les habitudes ont la peau dure. Mais ce n’est pas par faute de sensibilisation. Parce qu’à tous les niveaux depuis plus d’une vingtaine d’années, des Guinéens se sont investis dans la sensibilisation pour démontrer les effets négatifs de l’excision.  La preuve d’ailleurs, un de nos compatriotes, l’actuel ministre des Affaires étrangères, Mory Sanda Kouyaté a bénéficié du prix Nelson Mandela à cause de son engagement pour la lutte contre l’excision.

Donc, sur le plan national et international, on sait qu’il y a des Guinéens engagés dans la lutte contre l’excision. Il faut continuer la sensibilisation dans nos hameaux, nos villages, nos sous-préfectures, nos districts, jusque dans nos villes même à Conakry. Il faut que la population s’investisse. Il faut que les familles se rendent compte que l’excision n’apporte aucun avantage. Il y a aucune valeur ajoutée en excisant les jeunes filles.

Je pense que l’Etat est en train de faire ce qu’il peut faire. Mais nous devons encore aller plus fort. Parce que n’oubliez pas que moi, j’ai été président de la commission santé de l’Assemblée nationale lors de la 8e législature qui a duré six ans. Nous avons criminalisé l’excision. Ça beaucoup diminué. Mais ce n’est pas encore fini. Il faut continuer la sensibilisation, il faut manier la carotte et le bâton.

Guineesouverain.com : selon vous, quel est le moyen concret pour freiner l’excision en République de Guinée ?

Dr Ben Youssouf Keïta : Il faut toujours appliquer la loi. Parce que nous avons déjà dit, que l’excision est criminalisée. Donc, c’est puni par la loi. Nous avons des exciseuses traditionnelles qu’on peut encourager à abandonner l’excision en leur offrant autre source de revenu. C’est bien possible.

On peut dans les centres de santé, les hôpitaux et dans toutes les structures officielles du ministère de la Santé continuer la sensibilisation afin que personne ne s’adonne à cette pratique. Au cas échéant traduire devant la justice les coupables, les punir pour qu’ils servent d’exemples. C’est ce que nous devons faire.

Guineesouverain.com : merci à vous Dr d’avoir répondu à nos questions.

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