Les dernières nouvelles

Conakry : immersion dans une banque en manque de liquidité avec des clients désemparés

Jeudi 12 février 2026, il est 10H30. Nous sommes dans une agence bancaire à Lambanyi dans la commune éponyme.

A la devanture, l’ambiance n’est pas habituelle. Deux vigiles sont postés à la rentrée. L’accès est libre. Une femme assise à l’intérieur semble plus préoccupée par son téléphone.

C’est l’agent qui assiste souvent les clients pour les dépôts et retraits.  Il n’y a pas une mouche venue faire une transaction. Un homme pousse la porte avec force « Aujourd’hui ici, c’est comme ça ? »  « Qu’est-ce que vous voulez ? », lui demande la femme qui habituellement donne les tickets et ordonne le passage. « Je veux un retrait, madame. »  « Si c’est supérieur à 2 millions GNF, vous n’en aurez pas. C’est le plafond. »

L’homme fait deux pas et rebrousse chemin. Notre équipe de reportage demande à une dame qui travaille au sein de ladite banque. « Madame, pourquoi, c’est impossible d’avoir plus de deux millions GNF ». « Vous ne savez pas ce qui se passe dans le pays ? Il n’y a pas d’argent », répond-elle.  Notre source fait une suggestion : « Si vous voulez avoir plus, il faut aller à l’agence de Kaloum ! »

De Lambanyi, nous sommes venus toucher du doigt la réalité au sein de la même banque mais cette fois-ci à l’agence de Kipé, dans la commune de Ratoma. Là, une femme avec un visage renfrogné avec un sac à la main est hargneuse contre le guichet automatique. Elle lance une demande, les chiffres sont validés, mais la somme qui est sortie est inférieure à sa demande. La cliente s’impatiente et deux autres (une dame et un homme) se morfondent et s’énervent contre sa lenteur. Au fait, c’est un problème de connexion, semble-t-il. Très enragée, la femme fait deux pas en arrière et pipe un mot en soussou : « Je vais récupérer tout mon argent. Je ne vais pas tolérer ça ». Les deux autres qui attendaient font demi-tour et retournent à leur véhicule.  Notre équipe de reportage pénètre la salle où se trouvent les guiches. Dès la rentrée, l’agent posté, crie à haute voix : « Si c’est retrait est que le montant dépasse 2.000.000 GNF, c’est impossible. C’est le plafond. Merci pour la compréhension ! »

Dans la salle, certaines essayent tant bien que mal à se conformer à cette exigence malgré leur désir.

Nous avons poursuivi notre périple à Kaloum, centre administratif où se trouve le siège de cette institution bancaire. Là, les guichets sont quasi déserts. Mais le plafond est différent de celui de Lambanyi et Kipé.

Plusieurs autres banques sont confrontées à la même réalité. Pour l’heure, aucune communication officielle notamment du gouverneur de la banque centrale pour expliquer cette situation. 

Babanou CAMARA

Add your comment

Avis, témoignages et commentaires sont les bienvenues. Cette page est pour vous.
Nous vous prions d'être courtois.
N'envoyez pas de message ayant un ton agressif ou insultant.
Pas de messages répétitifs, ou de hors sujets.
Attaques personnelles. Vous pouvez critiquer une idée, mais pas d'attaques personnelles SVP. Ceci inclut tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée, sexuel ou en violation avec la loi. Ces messages seront supprimés.
Pas de publicité. Ce forum n'est pas un espace publicitaire gratuit.
Pas de majuscules. Tout message inscrit entièrement en majuscule sera supprimé.

Auteur