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Hadja Fanta Camara sage-femme à la retraite :«Il faut aimer ce métier»

Ce mardi 5 mai marque la journée internationale des sages-femmes. « Un million de sages-femmes de plus », c’est le thème choisi cette année par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une thématique évocatrice qui souligne l’urgence de déployer des professionnelles qualifiées, dans les zones rurales, pour pallier les insuffisances des centres de santé.

Depuis son enfance, Madame Kourouma née Hadja Fanta Camara, nourrit une passion pour ce métier d’accoucheuse. Un rêve devenu réalité.

« Je peux dire que je suis issue d’une famille de médecins. Le grand frère de mon père était le premier médecin africain. Il a fait William Ponty à Dakar, puis il est venu en Guinée où il était médecin-chef à Kissidougou. Mon père aussi a été laborantin. Un jour, il m’a demandé : “Ma fille, qu’est-ce que tu veux faire ?” J’ai dit : “Papa, je veux être sage-femme.” Mon oncle m’a posé la même question, et c’est ainsi qu’on m’a envoyée à l’école de sages-femmes de Dakar », a-t-elle confié d’entrée.

Dans les hôpitaux et centres de santé, les sages-femmes constituent la cheville ouvrière des maternités. Leur travail, souvent discret, consiste à préserver à la fois la vie de la mère et celle de l’enfant.

« Dès qu’une femme constate une absence ou un retard de ses règles, elle doit consulter une sage-femme. À partir du moment où la grossesse est confirmée, elle doit être suivie jusqu’à l’accouchement. Nous sommes la cheville ouvrière de la maternité : la vie de la femme et celle de l’enfant nous incombent », a expliqué Hadja Fanta Camara.

Aucune activité n’est prévue ce 5 mai par les autorités sanitaires pour célébrer cette journée. Toutefois, selon la directrice des sages-femmes, une commémoration en différé pourrait être organisée dans les prochains jours.

Le thème retenu cette année par l’OMS met particulièrement en lumière le manque de professionnelles, surtout dans les zones reculées.

« Effectivement, il n’y a pas assez de sages-femmes en Guinée. En plus, la plupart sont à Conakry. À l’intérieur du pays, ce sont souvent des stagiaires ou des bénévoles qui interviennent. Tout cela enfreint à la déontologie de la profession. Il faut aimer ce métier, parce que j’entends des femmes dire : “Là-bas, je vais avoir de l’argent.” Moi, même sans argent, j’aime cette profession. Le ministère de la Santé doit affecter des titulaires à l’intérieur », a-t-elle plaidé.

À la retraite depuis 2019, Hadja Fanta Camara reste toujours active. Après quarante ans d’expérience, elle dispense aujourd’hui des cours dans des écoles de santé à Conakry.

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