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Kindia : l’accès à la paroisse Sainte-Croix obstrué depuis des années, fidèles et marchandes en conflit

Depuis des années, le portail principal de la paroisse Sainte-Croix de Kindia, en plein centre-ville, est bloqué par des commerçantes du grand marché qui s’y sont installées sans autorisation selon les informationsreçues.

Les chrétiens dénoncent cette occupation illégale qui empêche l’accès à leur lieu de culte. Malgré les multiples démarches auprès des autorités, aucune issue durable n’a été trouvée. Le dimanche 21 juin, des fidèles ont manifesté leur colère en brandissant des pancartes devant l’église.

Coincées entre le manque d’espace commercial des vendeuses et les plaintes des responsables religieux, les autorités administratives de Kindia n’ont toujours pas tranché.

Le père Martin Camara, administrateur de la paroisse, revient sur plus d’un siècle d’histoire et sur des décennies de bras de fer : « L’église Sainte-Croix de Kindia est une église plus que centenaire. Elle a aujourd’hui plus de 127 ans. Depuis plusieurs décennies, nous constatons que les accès de l’église sont occupés par des femmes vendeuses. Il n’y a pratiquement plus d’accès pour les engins roulants ni pour les fidèles qui viennent prier. Les curés qui m’ont précédé ont multiplié les démarches auprès des autorités. À chaque fois, il nous a été promis que les marchandes seraient réorganisées ou transférées. Plusieurs fois également, nous avons procédé à leur repositionnement afin de libérer l’accès, mais ces mesures n’ont jamais duré. Les femmes reviennent systématiquement occuper cette artère. »

Selon lui, le conflit s’est enraciné avec le temps : « Cette année, alors que j’étais à Télémélé, un incident a fortement perturbé la célébration d’un dimanche de Carême. Heureusement, mes collaborateurs ont réussi à calmer la situation pour éviter tout débordement. Dès que j’ai été informé, j’ai écrit au président de la délégation spéciale ainsi qu’aux autorités de la ville, avec ampliation. Le préfet avait alors pris des dispositions pour que l’emprise soit libérée au milieu et que les femmes soient repositionnées de part et d’autre. La mairie a exécuté cette décision. Cependant, à mon retour, j’ai constaté que les marchandes revenaient progressivement occuper les lieux. J’ai alors sollicité la construction de deux murs parallèles afin qu’elles restent en dehors de la chaussée. La mairie avait donné son accord et un technicien communal avait même été mis à notre disposition. Mais en pleine exécution des travaux, le secrétaire général de la commune nous a demandé de tout arrêter, affirmant ne pas être informé. Après vérification, il s’est avéré qu’il s’agissait d’un problème de communication interne entre les responsables communaux » déclare le père Martin.

Le projet de murs, autorisé puis contesté, a tourné à l’affrontement : « Lorsque les trous ont été creusés conformément aux indications de la commune, les marchandes les ont complètement rebouchés. En présence du secrétaire général de la commune, une nouvelle proposition a été faite : réduire la hauteur du mur à sept briques. Nous avons accepté cette requête. Mais après avoir constaté que les trous avaient été rebouchés, j’ai demandé aux jeunes d’arrêter les travaux. Cette même nuit, des troubles ont éclaté au marché et plusieurs tables auraient été incendiées. J’ai été interpellé alors qu’aucune preuve n’établissait l’implication des jeunes de l’église. J’ai passé la nuit en garde à vue sans qu’aucune notification ne me soit faite et sans pouvoir bénéficier de mes droits », indique t-il

Aissatou Sow, administratrice du marché, appelle à la patience : « Tout ce que je peux dire, c’est qu’il faut de la compréhension entre l’église et les femmes. Le jour où les incidents se sont produits, j’étais malade, mais on m’a rapporté que la commune avait fait ce qu’elle pouvait. Depuis longtemps, l’église est là-bas. Ce sont les femmes qui sont venues s’installer sur cette route. Nous libérions régulièrement le passage les dimanches et les jours de fête afin que les fidèles puissent accéder à l’église. Aujourd’hui encore, je demande à l’église de faire preuve de patience. Nous allons œuvrer pour que les femmes quittent le milieu de cette route », a laissé entendre notre interlocutrice

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