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Le président du CLPE de Matoto sur l'excision

Mamadouba Camara, président du CLPE à la commune de Matoto:« Il y en a qui disent que laisser les filles, sans les exciser, c’est la honte.»

La lutte contre les mutilations génitales féminines est un combat au quotidien dans la commune de Matoto. Des efforts sont certes fournis pour faire baisser la pratique, mais beaucoup des d’habitants continuent d’exciser leurs filles. Cela ne décourage pourtant pas les acteurs engagés dans cette lutte.

Dans cette interview accordée à guineesouverain, le président du comité local de protection de l’Enfant (CLPE) partage les approches de lutte contre cette pratique ancrée dans les coutumes surtout avec les ONG comme TOSTAN-Guinée.

Guineesouverain.com : les mutilations génitales féminines sont toujours d’actualité en Guinée. Comment se présente le phénomène dans la commune de Matoto ?

Mamadouba Camara : la lutte contre les mutilations génitales féminines est un phénomène que les Matotokas commencent à percevoir comme étant une mauvaise pratique à l’encontre des femmes que nos communautés avaient l’habitude de mener. Donc, je crois qu’avec la sensibilisation, c’est un fléau qui a tendance aujourd’hui à disparaître.

Guineesouverain.com : pourquoi, selon vous, l’excision et les autres formes persistent malgré la lutte engagée par les autorités et les partenaires?

Mamadouba Camara : Je peux dire qu’il y a certaines religions, pas tout le monde. Il y a certaines personnes âgées. Il y a d’autres aussi, surtout les personnes qui ne sont pas allées à l’école, les analphabètes. Il y a beaucoup parmi ces couches sociales qui sont dans les sociétés, qui perçoivent la chose comme étant une coutume, qu’on n’a pas le droit d’abandonner. Donc, ce sont ces personnes-là qui constituent généralement l’obstacle. Je crois qu’une coutume qui a duré plus de 100 ans, si on doit lutter contre cette coutume, je pense qu’il faut beaucoup d’efforts. Il y a beaucoup d’efforts à consacrer. Il y en a qui disent que laisser les enfants, les filles, sans les exciser c’est la honte. Il y a même des jeunes qui vont se moquer d’eux, même à un âge un peu avancé. Donc, c’est pourquoi les gens ne parviennent pas à s’en débarrasser. Les gens continuent toujours à pratiquer. Il y a même des injures en Soussou. Il y a des injures dans d’autres langues pour dire qu’elles ne sont pas excisées. Donc, c’est à cause de ces choses-là que les gens continuent à pratiquer.

Guineesouverain.com : parlez-nous un peu des actions que vous menez contre la pratique des MGF. Comment cela se présente concrètement sur le terrain ?

Mamadouba Camara : Moi qui suis devant vous, j’ai participé à beaucoup d’activités de lutte contre les mutilations génitales féminines dans beaucoup de quartiers du Matoto. Si je parle un peu du projet TOSTAN, c’est un projet qui s’étend de Dabondi à Lansanaya. C’est-à-dire que c’est un projet, lors de sa conception, Matoto s’étendait de Dabondi à Lansanaya. Donc, j’ai mené beaucoup d’activités avec TOSTAN dans les quartiers de Gbessia, Dar es Salaam, dans plusieurs quartiers de Matoto. Au niveau de la commune ici, moi je suis le président du CLPE. Il y a dans les quartiers, les comités locaux, enfants et familles. Les membres de ces CLPE sont tirés parmi la communauté. Nous avons même des démembrements jusqu’au niveau des secteurs.

Guineesouverain.com : merci à vous monsieur Camara !

Mamadouba Camara : c’est moi qui vous remercie !

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