Les dernières nouvelles

Célébration de l’indépendance: audelà du folklore, la jeunesse doit devenir actrice du changement ( Joachim Baba Millimouno)

Le 2 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞 1958, la Guinée choisissait la liberté, la souveraineté et la dignité. Soixante-huit ans plus tard, le 68ᵉ 𝐚𝐧𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞 de cette décision historique nous offre l’occasion de nous interroger sur le sens profond de cet héritage et, surtout, sur la responsabilité de ceux qui doivent en assurer la continuité.

Le thème retenu pour cette célébration « 𝐒’𝐢𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐬𝐬é 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞 𝐥’𝐚𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫  : n𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬𝐬𝐞 » n’est pas qu’un slogan. Il constitue une véritable interpellation adressée à toute une génération.

Car célébrer l’indépendance ne saurait se limiter aux tee-shirts aux couleurs nationales, aux chants patriotiques, aux rassemblements populaires ou aux danses dans les places publiques. Ces manifestations ont leur place dans la célébration de notre histoire, mais elles ne sauraient en constituer l’essentiel.

L’indépendance est d’abord une responsabilité de tous. Elle impose de préserver ce que les générations précédentes ont conquis, mais aussi de construire ce que les générations futures attendent de nous. Elle appelle au civisme, à la discipline, au respect des biens publics, à l’intégrité, au travail et à la responsabilité collective.

De l’héritage à la responsabilité, l’histoire du 2 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞 1958 nous rappelle qu’une nation ne devient véritablement souveraine que lorsqu’elle est capable de prendre son destin en main.

La jeunesse guinéenne doit donc être davantage qu’une force démographique ou qu’un public mobilisé lors des grandes célébrations nationales. Elle doit être une force de proposition, d’innovation, de transformation et de responsabilité.

S’inspirer du passé, c’est connaître notre histoire et honorer ceux qui ont porté le combat de la souveraineté.

Construire l’avenir, c’est accepter de prendre notre part de responsabilité dans le développement du pays.

C’est comprendre que le patriotisme ne se mesure pas uniquement à la ferveur avec laquelle nous brandissons le drapeau national, mais également à la manière dont nous nous comportons lorsque personne ne nous regarde.

Le changement doit devenir mesurable. La Guinée a besoin d’un changement qui ne soit pas seulement proclamé, mais visible, mesurable et durable.

La vision portée par le Président de la République, Président Mamadi Doumbouya, c’est la transformation de l’État et la refondation du pays au cœur de l’action publique. Mais aucune réforme, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut produire durablement ses effets sans une appropriation par les citoyens, et particulièrement par la jeunesse.

Le changement commence donc aussi dans nos comportements quotidiens.

Il commence :

  • par le respect des biens publics et le refus du vandalisme ;
  • par la préservation des infrastructures construites avec les ressources de la collectivité ;
  • par le respect des règles et des symboles de la République ;
  • par la propreté de nos quartiers, de nos écoles et de nos espaces publics ;
  • par la ponctualité, la discipline et le sens du travail ;
  • par l’intégrité dans nos études, nos activités professionnelles et nos entreprises ;
  • par l’innovation et la recherche de solutions aux problèmes de notre société ;
  • par la solidarité et la mutualisation des initiatives en faveur de l’emploi, de la formation et de l’entrepreneuriat.

Le véritable changement se mesure lorsque les bonnes pratiques cessent d’être exceptionnelles pour devenir des habitudes collectives.

Pourquoi attendre une journée de mobilisation pour nettoyer nos quartiers ?

Pourquoi entretenir un édifice public uniquement lorsqu’une autorité est présente ?

Pourquoi parler de patriotisme pendant les cérémonies et oublier le bien commun le lendemain ?

Pourquoi embelir les voies publiques uniquement pour les grandes célébrations ?

Ces questions doivent nous conduire à repenser notre rapport à la citoyenneté.

Le civisme ne doit pas être saisonnier. Il est impératif de faire du civisme une culture nationale

Il doit s’exprimer chaque jour : dans la rue, à l’école, à l’université, dans l’entreprise, dans l’administration, dans les transports, dans les quartiers et sur les réseaux sociaux.

Le respect de la République commence par le respect de l’autre et du bien commun.

La propreté ne doit pas être une opération ponctuelle organisée à l’occasion d’une fête nationale. Elle doit devenir une culture.

La discipline ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme une condition du progrès collectif.

Et les initiatives en faveur de la jeunesse ne doivent pas être pensées uniquement en termes d’événements, mais en termes d’impact, de continuité et de résultats.

À la jeunesse guinéenne, il faut rappeler une évidence : l’avenir ne se construira pas uniquement dans les discours. Il se construira dans les actes.

Jeunesse guinéenne : l’avenir ne se célèbre pas, il se construit

Dans ton quartier, sois acteur de la préservation des biens communs.

Dans ton école ou ton université, fais de l’excellence, du travail et de la discipline tes instruments de réussite.

Dans ton entreprise ou ton projet, fais de l’intégrité et de l’innovation des principes non négociables.

Dans la société, refuse la banalisation de l’incivisme, de la corruption et de la dégradation du bien public.

Sur les réseaux sociaux, contribue à une citoyenneté responsable plutôt qu’à la propagation de la haine, de la désinformation et des divisions.

La Guinée n’a pas seulement besoin d’une jeunesse qui réclame le changement. Elle a besoin d’une jeunesse capable de l’incarner.

Soixante-huit ans après le choix historique de l’indépendance, notre génération est à son tour devant une responsabilité historique. Le 2 octobre, doit être un rendez-vous avec notre responabilité collective.

Nos devanciers ont conquis la souveraineté politique. À nous de contribuer à consolider une nation plus disciplinée, plus juste, plus prospère et plus respectueuse du bien commun.

La célébration du 2 octobre doit donc être à la fois un moment de mémoire, de fierté et de projection vers l’avenir.

Célébrer notre indépendance, ce n’est pas seulement regarder avec fierté ce que nous avons été. C’est décider collectivement de ce que nous voulons devenir.

La jeunesse guinéenne ne doit pas être simplement spectatrice du changement.

Elle doit en être l’une des principales forces. Non pas par le folklore. Mais par le travail, la discipline, le civisme, l’intégrité, l’innovation et la pérennisation des actions de développement.

Car une nation est véritablement indépendante lorsque ses citoyens sont suffisamment responsables pour prendre soin de ce qu’elle possède, suffisamment engagés pour construire ce qui lui manque et suffisamment visionnaires pour préparer ce dont auront besoin les générations futures.

Bonne fête de l’Indépendance à toutes les Guinéennes et à tous les Guinéens.

Vive la République de Guinée !

Vive sa jeunesse !

Et que vive l’idéal d’une Guinée souveraine, responsable et résolument tournée vers l’avenir..

Add your comment

Avis, témoignages et commentaires sont les bienvenues. Cette page est pour vous.
Nous vous prions d'être courtois.
N'envoyez pas de message ayant un ton agressif ou insultant.
Pas de messages répétitifs, ou de hors sujets.
Attaques personnelles. Vous pouvez critiquer une idée, mais pas d'attaques personnelles SVP. Ceci inclut tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée, sexuel ou en violation avec la loi. Ces messages seront supprimés.
Pas de publicité. Ce forum n'est pas un espace publicitaire gratuit.
Pas de majuscules. Tout message inscrit entièrement en majuscule sera supprimé.

Auteur