Le procès de l’ancien président de la délégation spéciale de Ratoma s’est ouvert ce lundi 2 novembre 2026. Ahmed Sékou Traoré et Mohamed Camara, receveur communal, sont poursuivis devant la Cour de répression des infractions économiques et financières pour des faits présumés de corruption d’agents publics.
Parmi les chefs d’accusation, il y a aussi: faux et usage de faux en écritures publiques, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, portant sur un montant de 32 milliards de francs guinéens pour la période allant d’avril 2024 à mars 2026.
À la barre, l’ancien patron de la commune de Ratoma, qui comparaît libre, a rejeté en bloc les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, il a appris l’existence de ces soupçons de détournement sur les réseaux sociaux avant d’être convoqué pour la première fois par les enquêteurs de police.
D’entrée, le président de la Cour a interrogé le prévenu sur le montant qu’il percevait comme salaire durant son mandat. Ahmed Sékou Traoré affirme avoir passé 23 mois à la tête de la commune de Ratoma, avec un salaire variant selon les mois.
« Je n’ai aucun compte bancaire. Mon salaire est perçu par billetage. Dans l’intervalle de 5 à 10 millions de francs guinéens par mois. Un montant qui varie selon les mois », a-t-il expliqué. Poursuivant sa défense, l’ancien président de la délégation spéciale a déclaré que la commune ne bénéficiait pas de subventions, mais plutôt d’un appui mensuel du gouvernement.
« La commune n’a reçu aucune subvention, mais plutôt un appui de la part du gouvernement de façon mensuelle », a-t-il déclaré.
Évoquant la gestion financière de la commune, Ahmed Sékou Traoré a indiqué que les dépenses réalisées étaient inférieures aux prévisions.
« Nous avons eu une prévision des dépenses de 9 milliards et nous avons dépensé 7 196 275 115 GNF, dont 3 755 000 000 GNF de dépenses de fonctionnement », a-t-il affirmé.
L’ancien PDS reconnaît également avoir bénéficié d’un financement de 14 milliards 627 millions de francs guinéens de la part de l’ANAFIC. Selon lui, ce montant a permis de financer plusieurs projets dans sa juridiction. Parmi les dépenses citées figurent notamment :
l’achat de matériel et de mobilier : 7 280 000 GNF ;
l’entretien et les réparations : 75 143 000 GNF ;
les consommables : plus d’un milliard de GNF ;
les consommations diverses, notamment l’eau, l’électricité et la communication : 10 894 000 GNF ;
la gestion générale de la commune : 221 000 000 GNF.
Ahmed Sékou Traoré a également cité plusieurs projets réalisés, notamment la construction d’une école primaire à Hamdallaye 2, celle d’un centre de santé à Kaporo, le carrelage de l’enceinte de la maison des jeunes de Taouyah ainsi que le désenclavement d’une route à Ratoma Centre.
Il a ajouté que, sur une prévision de dépenses de 9 milliards de francs guinéens, la commune avait dépensé 7 196 275 115 GNF et qu’un solde d’environ 800 millions de francs guinéens se trouvait encore dans les caisses de la commune avant son départ.
Interrogé par la Cour sur ses biens personnels, le prévenu a indiqué ne disposer d’aucun compte bancaire. Il affirme toutefois être propriétaire d’un terrain acquis avant son arrivée à la tête de la commune de Ratoma.
« Je n’ai pas de compte bancaire. Je n’ai qu’un seul terrain, situé à Yattayah, que j’ai acheté en 2017 pour un montant de 75 millions de GNF », a-t-il déclaré.
L’affaire a été renvoyée au 16 novembre prochain pour la suite des débats.
