La page de la décharge de Dar-es-Salam est désormais tournée. Ce lundi 2 novembre 2026, le gouvernement a lancé le projet de réhabilitation environnementale de cette ancienne décharge située en plein cœur de Conakry, dans la commune de Gbessia. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah.
Le projet est porté par le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, dirigé par Aboubacar Camara. Il vise notamment à réhabiliter cette zone et à lui donner une nouvelle image, après plusieurs années marquées par les conséquences environnementales et sanitaires liées à l’exploitation de la décharge.
Le ministre Aboubacar Camara est revenu sur le dernier drame survenu sur le site et a adressé ses condoléances aux familles des victimes.
« Ce drame, après tant d’autres au fil des années, restera gravé dans notre mémoire collective. En cet instant solennel, je renouvelle, au nom de mon département, notre profonde compassion aux familles des victimes, notre solidarité aux sinistrés et nos pensées aux blessés. Que les disparus reposent en paix », a-t-il déclaré.
Selon le ministre, la décharge a accumulé, durant près de trois décennies, plus de 9 millions de mètres cubes de déchets, soit environ 7,2 millions de tonnes, sur une superficie de 280 000 mètres carrés.
Aboubacar Camara dit que le site aurait rejeté dans l’atmosphère quelque 250 000 tonnes de méthane, soit l’équivalent de 6 millions de tonnes de CO2. Selon les estimations évoquées par le ministre, entre 150 000 et 250 000 personnes vivaient quotidiennement à moins de deux kilomètres de la décharge.
« Près d’un demi-million de personnes, en 25 ans, ont subi les fumées des incendies, les gaz du massif, les mouches et les rongeurs. Des milliers de bronchites et d’asthmes chroniques, des nourrissons nés avec un faible poids, des récupérateurs à la santé brisée… », a déclaré le ministre.
Pour Aboubacar Camara, la fermeture de ce site, sur instruction du président de la République, met fin à une situation aux conséquences écologiques, sanitaires et environnementales importantes.
« Il vient de sauver des vies qui ne porteront jamais son nom parce qu’elles ne sauront jamais qu’elles ont été sauvées. Il vient de rétablir une dignité que nous tous, habitants de cette capitale, avions fini par ne plus espérer. Dar-es-Salam était devenue une honte nationale, il faut le dire. Quels que soient les efforts consentis pour assainir Conakry, tant que cette décharge demeurait ouverte, rien n’avait d’impact », a renchéri le ministre.
Le projet prévoit la fermeture et la réhabilitation de la décharge, qui s’étend sur 280 000 mètres carrés. Les travaux comprennent notamment l’aménagement d’un parc urbain végétalisé, la couverture et l’étagement du site, ainsi que la mise en place d’un système de drainage, de captage et de traitement des gaz.
L’objectif est de réduire les risques d’éboulement, d’incendie et de nouvelles pollutions, tout en transformant progressivement cet ancien site de déchets en un espace accessible aux populations.
« Pour la première fois à Conakry, on pourra dire à sa famille, un week-end : allons nous promener et prendre de l’air au parc, là où s’élevait une montagne de déchets », a lancé le ministre.
Nous y reviendrons !
