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Quatorze ans après le massacre de Zogota, les familles des victimes réclament toujours justice

Les familles des victimes du massacre du 04 août 2012 survenu a Zogota se sont mobilisées ce mardi 4 août, pour commémorer le quatorzième anniversaire de ces événements, dans la préfecture de N’Zérékoré.

À travers une marche pacifique, ils ont rendu hommage aux six personnes tuées en 2012 et réaffirmer leur exigence à l’État guinéen afin de faire face à ses responsabilités.

Les faits remontent à un conflit opposant les populations riveraines du mont Yönon à la société minière Vale. Six personnes, dont le chef du district de Zogota, Zowota Nyankoye KOLIÉ, relevant de la sous-préfecture de Kobéla, avaient été tuées. Les victimes, qualifiées de « martyrs » sur leur tombe commémorative, sont présentées par leurs proches comme ayant perdu la vie en défendant leur communauté face aux forces de défense et de sécurité.

Cette année, la commémoration a été marquée par une mobilisation exceptionnelle. Des ressortissants de Zogota sont venus de plusieurs localités du pays pour prendre part aux activités. Selon Thomas Kolié, proche des victimes et membre de la commission d’organisation, une telle affluence n’avait jamais été enregistrée depuis les événements.

« Nous avons organisé une marche pacifique qui a commencé du petit marché jusqu’au niveau de la tombe de ces illustres disparus. L’Église catholique est là, les sages ainsi que toute la communauté », a-t-il déclaré.

Il estime que cette mobilisation traduit l’importance que ces villageois accordent à cette cause.

« Cette année, il y a une très grande particularité parce que la manière dont les ressortissants, victimes de ces événements douloureux du 4 août 2012, sont venus massivement, ça n’a jamais été le cas. Le village est rempli. Les gens sont venus de tous les horizons pour exprimer leur ras-le-bol. »

En novembre 2020, la Cour de justice de la CEDEAO a jugé l’État guinéen responsable de violations des droits humains liées aux événements de Zogota et l’a condamné à indemniser les victimes à hauteur de plus de 4 milliards de francs guinéens. Selon les représentants des victimes, cette décision n’a toujours pas été exécutée, malgré la procédure d’exequatur engagée devant la justice française.

Pour Thomas KOLIÉ, les familles attendent avant tout que les responsables soient identifiés et que la décision de la juridiction communautaire soit appliquée.

« Ces parents attendent toujours que justice leur soit rendue. Ils attendent que le gouvernement leur dise : voilà les personnes qui ont tué vos proches, vos maris et vos fils. Elles vous demandent pardon, et voilà la réparation que l’État peut vous apporter. C’est tout ce que les familles attendent. Mais jusque-là, rien n’est fait. Elles espèrent toujours que l’exécution de cette décision judiciaire devienne une réalité », a-t-il interpellé.

Contacté par notre rédaction, Me Pépé Antoine Lamah, membre du collectif des avocats des victimes des massacres de Zogota, a également dénoncé la non-exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO. Cet avocat appelle les autorités guinéennes à l’exécution de cette décision de l’instance sous-régionale.

« L’État refuse de se plier à cette décision, c’est vraiment déplorable. C’est l’occasion d’interpeller les autorités à tous les niveaux afin qu’au moins les indemnisations accordées aux victimes soient versées et que les auteurs de ces atrocités, dont certains sont toujours en vie, répondent de leurs actes devant la justice. »

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