Des hommes armés ont tué au moins 27 personnes dans deux fusillades distinctes à Johannesburg et au Cap, les deux principales villes d’Afrique du Sud, a annoncé la police dimanche, dans un nouveau déchaînement de violence dans ce pays confronté à une criminalité élevée.
La première attaque s’est produite samedi vers 19H30 GMT dans un bar situé à l’ouest de Johannesburg. Huit hommes armés de fusils d’assaut ont ouvert le feu sur des clients, faisant 17 morts et 15 blessés, selon la police.
Les assaillants ont d’abord tiré sur des personnes qui buvaient à l’extérieur avant d’entrer dans l’établissement et de poursuivre leurs tirs. Les victimes sont 13 hommes et quatre femmes.
Les suspects ont également incendié deux véhicules avant de prendre la fuite. Le mobile de l’attaque restait inconnu dimanche et aucun suspect n’avait été arrêté.
Dans une autre attaque, survenue dimanche matin dans un lieu de divertissement d’un township en périphérie du Cap, des hommes armés ont tué dix personnes et en ont blessé onze autres.
Cinq victimes ont été déclarées mortes sur place, tandis que les autres ont succombé à leurs blessures alors qu’elles étaient transportées à l’hôpital. Aucun suspect n’a été interpellé dans cette affaire non plus.
Ces fusillades surviennent alors que l’Afrique du Sud, où circulent de nombreuses armes à feu légales et illégales, est confrontée à une violence persistante, souvent liée aux rivalités entre gangs et à la concurrence entre commerces informels.
Le pays, qui compte environ 62 millions d’habitants, enregistre quelque 60 homicides par jour, l’un des taux les plus élevés au monde.
Les autorités ont régulièrement recours à l’armée pour soutenir la police dans les zones touchées par la criminalité. En mars, des soldats avaient notamment été déployés dans des quartiers sensibles de Johannesburg pour appuyer les forces de l’ordre.
Le président Cyril Ramaphosa a décrit la criminalité endémique comme l’une des principales menaces auxquelles le pays est confronté.
L’armée avait déjà été mobilisée lors de précédentes périodes de crise, notamment pendant le confinement lié au Covid-19 en 2020, après l’emprisonnement de l’ancien président Jacob Zuma en 2021 et à la suite d’une série d’incendies de camions en 2023.
En 2019, quelque 1.300 soldats avaient été déployés pour épauler la police dans les quartiers des Cape Flats, autour du Cap, marqués par les violences liées aux gangs.
Malgré ces opérations, les fusillades et autres crimes violents restent un problème majeur.
À Johannesburg, dix femmes ont été tuées au cours des deux derniers mois dans une même municipalité. La dernière victime a été retrouvée samedi, à moitié dévêtue et tuée à coups de pierres, selon la police.
Un suspect a été interpellé dans cette affaire.
Les neuf autres victimes étaient pour la plupart âgées d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années. Certaines avaient été retrouvées dévêtues et présentaient des signes d’agression sexuelle.
La police a promis une récompense de 400.000 rands (25.000 dollars) pour toute information permettant l’arrestation du ou des responsables. L’Alliance démocratique, deuxième parti politique du pays, a annoncé une récompense supplémentaire de 31.000 dollars.
