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Faux départ pour l’Italie : une mère célibataire arnaquée 30 millions GNF et abandonnée en Sierra-Leone

Le rêve d’une vie meilleure s’est transformé en cauchemar pour Salimatou Barry. Cette mère célibataire affirme avoir été victime d’une escroquerie orchestrée par une de ses vieilles connaissances.

Convaincue qu’elle allait rejoindre l’Italie avec son enfant, elle s’est retrouvée abandonnée en Sierra Leone après avoir dépensé 30 millions de francs guinéens. Son récit a été recueilli par un reporter de Guineesouverain.com.

Victime des inondations d’août 2025, Salimatou Barry tente de reconstruire sa vie en vendant de l’attiéké. C’est dans ce contexte difficile qu’elle dit avoir été approchée par un certain Mohamed Touré, celui qu’elle considère aujourd’hui comme son arnaqueur.

Prise de contact

Après avoir partagé sa situation sur les réseaux sociaux, Salimatou est recontactée par Mohamed Touré, une connaissance de longue date. Selon elle, ce dernier s’est montré compatissant avant de lui proposer de l’aider à rejoindre l’Italie.

« Mohamed, c’est un ami. On est amis depuis très longtemps. Ce n’est pas un inconnu. Quand j’ai publié, il m’a appelée par appel vidéo après avoir vu ce qui m’était arrivé et m’a dit : “C’est dommage de vivre en Guinée. Je peux t’aider à venir en Italie”. »

Une confiance progressivement installée

Pour gagner sa confiance, Mohamed Touré lui montre, lors d’appels vidéo, ce qu’il présente comme sa nouvelle vie en Italie. Il la met ensuite en relation avec un certain Mohamed Kaba, chargé, selon lui, de finaliser les démarches.

« Il m’a montré qu’il était maintenant en Italie. Il m’appelait même avec un numéro italien. Il m’a dit : “Je connais un grand qui m’a aidé à venir ici. Leur agence est fiable”. C’est là que tout a commencé. »

Près de 30 millions GNF versés

Les paiements commencent par des frais d’inscription fixés à 500 000 GNF, avant que d’autres sommes ne soient réclamées. Pour réunir l’argent, Salimatou Barry utilise ses économies et sollicite même l’aide de son père.

« Mon papa m’a donné 10 millions de francs. Je lui ai dit que je partais à Boké. Il n’était pas au courant que c’était pour ce voyage. Au total, j’ai donné 25 millions de francs guinéens. Quand je faisais le dépôt sur le numéro de Kaba, c’est le ‘OM d’un certain Yansané qui est sorti. Mais comme j’étais avec mon fils, ils m’ont dit sauf 40 millions. »

Le départ pour la Sierra Leone

Le 18 mai 2026, elle quitte la Guinée avec son enfant, persuadée que la Sierra Leone n’est qu’une étape avant son arrivée en Italie.

« J’étais convaincue que j’allais voyager. Je suis partie avec mon enfant sans imaginer que tout cela était une arnaque. Quand j’ai quitté Conakry, c’est avec le nommé Kaba que je causais. »

Les premiers doutes

Une fois arrivée en Sierra Leone, rien ne se passe comme prévu. Les départs sont constamment reportés et les explications se répètent.

« Je suis restée un jour, deux jours, trois jours. J’ai vu que ça ne progressait pas. À chaque fois, c’était les mêmes excuses. Quand je l’appelais, il ne répondait plus. Il ne m’envoyait que des vocaux en me disant qu’il est occupé, qu’il ne peut pas parler au téléphone »

La découverte de l’arnaque

Le véritable déclic intervient lorsqu’un commerçant guinéen l’interpelle dans une boutique.

« Un jour, mon enfant m’a dit qu’il veut du biscuit chips, je suis allée au carrefour avec une dame du nom de Bountouraby. Dans la boutique où nous sommes allés, le boutiquier m’a regardée et m’a demandé pourquoi j’étais venue. Quand je lui ai parlé du voyage, il m’a dit : “Appelle tes parents pour qu’ils viennent te chercher. Tu n’es pas ici pour voyager. Il y a des choses louches qui se passent dans cette maison. Si tu ne veux pas te sauver, sauve au moins ton enfant. »

Ces propos sèment le doute dans son esprit et la poussent à remettre en question tout ce qu’on lui avait promis.

Des pratiques jugées suspectes

Peu après, elle est conduite dans un lieu présenté comme un centre d’entretien. Les personnes présentes lui réclament sa pièce d’identité.

« Heureusement, j’avais caché ma carte nationale d’identité. Quand ils ont demandé si j’étais venue avec mes papiers, j’ai répondu non. Le monsieur s’est fâché. C’est là que mes doutes se sont confirmés. »

D’autres Guinéens piégés

Sur place, Salimatou Barry découvre qu’elle n’est pas un cas isolé.

« Il y a beaucoup de Guinéens là-bas. J’ai vu des jeunes filles malades. Beaucoup cherchent à rentrer au pays, mais elles n’ont plus d’argent et ont peur de revenir. »

Un appel à la vigilance

Aujourd’hui, Salimatou Barry dit avoir perdu 30 millions de francs guinéens et la confiance qu’elle accordait à un ami.

« J’ai été arnaquée par un ami en qui j’avais confiance. Mohamed Touré m’a vraiment déçue. Mais Dieu merci, je suis en vie. Je veux que mon histoire serve de leçon. Les gens doivent faire très attention avant de confier leur argent à quelqu’un qui promet de les faire voyager. »

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