Les dernières nouvelles

Guinée : Binta Nabé, DG ONPS-VBG fait des propositions pour mettre définitivement un terme à l’excision

En Guinée, l’excision est pratiquée par plusieurs familles. Cette pratique diminue petit à petit grâce aux efforts des autorités, des ONG et des partenaires techniques et financiers. 

Dans le cadre de la série d’activités de sensibilisations engagées par l’ONG Tostan-Guinée en partenariat avec l’UNICEF, guineesouverain s’est entretenu avec la directrice générale de l’Observatoire nationale de la Protection sociale et les violences basées sur le Genre (ONPS-VBG).

Tout d’abord, dame Bintou Nabé revient sur les conséquences de l’excision sur les filles et les femmes. «Les conséquences sont énormes et variées. Mais la pire des conséquences, c’est la fistule obstétricale. Sachez que toutes les formes de violences se retrouvent dans l’excision. Il y a les types de violences : il y a la violence physique, le physique de la personne est touché directement. Parce que c’est son organe qu’on coupe soit par une paire de ciseaux ou par une lame. Ça, physiquement, on ne parle pas. Et tout ce qu’on fait, non seulement l’attraper, l’étrangler, pour avoir accès à son organe et le couper. Ce sont les violences physiques. Mais aussi, il y a la violence sexuelle. C’est son sexe qui est touché. On coupe une partie qui est très importante dans son évolution. Parce que, c’est une glande. Une glande qui aide non seulement lors des relations, mais qui aide aussi à la sensation, qui facilite aussi l’accouchement. Parce que, c’est une glande qui secrète un liquide qui facilite non seulement l’accouchement mais aussi qui protège la femme contre les infections. Mais il y a la violence morale aussi. Parce qu’une femme qui subit cette pratique, elle va mourir avec le traumatisme émotionnel. Du coup, toutes les formes de violences se regroupent là. Même les violences économiques aussi. Parce qu’il faut utiliser son argent. Quand il y a problème, il faut utiliser l’argent de la famille pour faire face aux conséquences mais les gaspillages aussi qui accompagnent les cérémonies de l’excision. Les conséquences vont jusqu’à la mort. Parce qu’il y a l’hémorragie qui peut survenir. Et cette hémorragie si elle n’est pas bien gérée, la personne peut trépasser. Il y a aussi le fait que la fille peut être frigide durant toute sa vie. Donc, elle n’aura pas de sensation. Ça, c’est au niveau de la personne elle même. Mais cela peut aussi amener des complications lors de l’accouchement», explique Dame Binta Nabé.

Dans cette lutte contre l’excision, certains acteurs s’engagent sans conviction. A ceux-ci, Binta Nabé adresse un message.

«Je suis dans le combat avec conviction. Parce que mes filles ne sont pas excisées. Et elles sont bien éduquées. Elles ont étudié. Elles ont fini l’université. Au moins, elles ont la licence. Elles sont intelligentes. L’excision diminue l’éveil chez les filles. Parce qu’elles vont être complexées de parler devant les gens. On dit souvent que les femmes sont complexées. C’est par ce qu’elles sont diminuées quelque part. Donc, j’invite les petites filles de ne pas accepter de se faire exciser, de dénoncer. Il y a des ONG : la CONAD, l’Association Mères et enfants, le Club des Jeunes filles et tant d’autres.  Il faudrait que la fille se sente heureuse dans son état et qu’elle soit à l’aide de ne dire : moi, je ne suis pas excisée, moi, je suis une fille complète. C’est en cela que nous devons arriver et inviter tout le monde à encourager nos filles qui ne sont excisées, les motiver.»

Pour mettre fin à l’excision, la DG-ONPS-VBG propose la tenue des émissions de témoignages. Elle estime aussi que les hommes doivent jouer leur partition dans cette lutte.

« Pourquoi ne pas faire d’émissions de témoignages des filles non excisées pour montrer leurs talents, valoriser les filles. On dit qu’une fille non excisée n’a pas de valeur. C’est comme ça on trompe les hommes. Donc, il faudrait que les hommes sachent que c’est ça. C’est pourquoi je tiens à ce combat.  Parce que si les garçons disent aujourd’hui qu’ils ne vont pas épouser les filles excisées, personne ne va plus exciser sa fille. Parce que le mariage est une adresse chez nous, dire que ma fille est mariée. Donc si les garçons disent: je ne marie pas aujourd’hui une fille excisée, mais l’excision va s’arrêter dans nos communautés. Parce que les gens vont dire si elle est excisée, elle ne sera pas mariée. Finalement, l’excision va s’arrêter», propose-t-elle.

Add your comment

Avis, témoignages et commentaires sont les bienvenues. Cette page est pour vous.
Nous vous prions d'être courtois.
N'envoyez pas de message ayant un ton agressif ou insultant.
Pas de messages répétitifs, ou de hors sujets.
Attaques personnelles. Vous pouvez critiquer une idée, mais pas d'attaques personnelles SVP. Ceci inclut tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée, sexuel ou en violation avec la loi. Ces messages seront supprimés.
Pas de publicité. Ce forum n'est pas un espace publicitaire gratuit.
Pas de majuscules. Tout message inscrit entièrement en majuscule sera supprimé.

Auteur