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Cellou Dalein Diallo à l’occasion du nouvel An :«Le moment est grave»

Le président de l’UFDG s’est adressé aux Guinéens ce mardi 31 décembre 2025 à l’occasion de la fête de nouvel An.

Discours de nouvel an – décembre 2025 – Cellou Dalein DIALLO

Chers compatriotes,

Guinéennes et Guinéens,

En cette veille du Nouvel An, je m’adresse à vous non seulement comme Président de Parti, mais également comme un citoyen, fils de ce pays dont le destin est intimement lié au vôtre.

L’année 2025 se termine dans un contexte critique qui marquera à jamais l’histoire de notre pays. Jamais la gravité du moment n’a aussi cruellement résonné en termes de démocratie et de droits humains. À cet égard, nous ne sommes plus au bord du précipice : nous y sommes de plain-pied, enfoncés par la violence et la tyrannie du CNRD et de son gouvernement. Au fond de la fosse, nous y avons été traînés par quatre années de mensonges, de trahisons, de rapts, de crimes, d’enlèvements et de meurtres.

Je pense aux 65 jeunes manifestants froidement assassinés par les forces de défense et de sécurité, au Général Sadiba Coulibaly, au Colonel Célestin Bilivogui et au Docteur Mohamed Dioubaté. Je dis à leurs parents, à leurs veuves et à leurs orphelins que je compatis à leur douleur, que je les accompagne de tout mon cœur dans le lent et pénible effort de deuil qui est le leur. Je leur promets que je ne ménagerai aucun effort pour contribuer à élucider les conditions exactes de l’arrestation, de la détention et de la mort de leurs proches.

Je pense ensuite aux disparus, Oumar Sylla alias Foniké Menguè, Billo Bah, Sadou Nimaga, Habib Marouane Camara, Mamadou Borry Barry dit «Mabory», Adama Keïta, le père du journaliste Babila Kéita, et les enfants de l’artiste Elie Kamano.

Je pense également aux personnes arbitrairement emprisonnées, à Aliou Bah et aux nombreux autres compatriotes de tout âge et de toute opinion qui croupissent, sous des prétextes fallacieux, dans les geôles du CNRD. Je rends hommage à tous les époux, à tous les pères et à toutes les mères des illustres fils de ce pays qui ont perdu la vie, l’intégrité physique ou la liberté en défendant la démocratie et l’honneur de la patrie. Je leur demande de tenir bon : aucun de nos martyrs ne sera oublié. Le moment venu, la République saura les honorer tous à la dimension des immenses sacrifices qu’ils auront consentis.

Le jour viendra en effet où nous écrirons une nouvelle page de notre histoire en convoquant la mémoire de toutes les victimes.

Mes chers compatriotes,

Le moment est grave. Au regard de notre passé récent, 2026 n’annonce pas du nouveau, mais la terrible continuité du même.

Le moment est grave parce qu’on nous annonce la fin d’une transition et le retour à l’ordre constitutionnel alors qu’on a assisté à une prolongation du régime d’exception. Le moment est grave parce que l’annonce d’une nouvelle ère est en réalité une plongée dans les ténèbres, avec la fin du pluralisme politique et l’installation d’une tyrannie civilo-militaire.

Mes chers compatriotes,

Le propre d’une tyrannie, c’est d’élever l’illusion au rang de foi. Nous avons été témoins d’une accélération des illusions cette année 2025.

Le programme Simandou est un miroir aux alouettes. Jusqu’à ce jour, les autorités refusent de publier les conventions avec nos partenaires dans le projet. Que nous cachent-elles ? La transparence et la loyauté envers le peuple commandent de rendre publiques toutes les conventions conformément au code minier et à nos engagements par rapport à l’ITIE. Si l’on sait que notre participation dans le capital des sociétés impliquées dans l’exploitation de nos minerais est de 15%, et donc notre part de bénéfices aussi, l’on ignore tout du régime fiscal applicable à ces sociétés et les raisons pour lesquelles la construction d’un port en eaux profondes à Moribayah a été abandonnée. Le peuple a le droit de savoir où vont ses ressources et comment l’argent public est utilisé. Si nous ne nous levons pas, bientôt, toutes les richesses nationales seront bradées et hypothéquées à cause d’une gestion patrimoniale de l’État et de la course effrénée à l’enrichissement personnel des dirigeants.

La crise que notre pays traverse n’est pas seulement politique ou économique, elle est aussi morale. Une crise où nos valeurs sont bafouées, nos symboles affaiblis, et où la confiance entre les institutions et les citoyens est profondément brisée. Même une partie de l’élite, disposant de bonnes informations et de capacités d’analyse indéniables, n’a pas échappé à la corruption et à l’intimidation du pouvoir, pour s’ériger très souvent en défenseure chevronnée de la mauvaise gouvernance, des meurtres, des disparitions forcées, des privations de liberté et même du parjure.

Mes chers compatriotes,

Après le coup d’État par les armes du 5 septembre 2021, nous venons d’assister à un coup d’État par les urnes ce 28 décembre 2025. Heureusement, l’UFDG, ainsi que les autres acteurs des Forces Vives de Guinée, n’y ont pas participé, ni directement ni indirectement.

Ils avaient demandé à la population de ne pas s’associer à cette mascarade dont le seul objectif était de donner un semblant de légitimité à une confiscation programmée du pouvoir par la junte. Nous nous réjouissons de constater que notre message a été largement entendu et suivi. Nous savons que les autorités ne manqueront pas de proclamer des résultats qui n’auront aucun rapport avec la vérité des urnes. Elles ne se priveront pas d’accroître démesurément les taux de participation et les votes favorables à leur candidat. Mais tous les observateurs objectifs savent que l’écrasante majorité des Guinéens a refusé de s’associer à ce second coup d’état du Chef de la junte. Je tiens à les remercier et à les féliciter pour cette attitude digne et responsable car ce scrutin n’a été ni démocratique ni conforme au serment de Mamadi Doumbouya de ne pas être juge et partie. Ce n’est pas un Président de la République qu’on a cherché à élire, c’est un roi qu’on a demandé d’introniser.

Mais qu’on le sache : on peut confisquer un scrutin, mais on ne confisque pas une conscience. On peut détourner un résultat, mais on n’efface pas la volonté d’un peuple debout.

Les Guinéens n’ont jamais baissé les bras, ils ne les baisseront pas cette fois-ci, non plus. Ils savent que si le chemin peut être long, la victoire dans la lutte pour la démocratie est certaine. Le combat pour la démocratie est un combat de longue haleine. Les Guinéens qui ne manquent ni d’esprit patriotique ni d’esprit de sacrifice sont prêts à le mener jusqu’à la victoire. Je sais que rien, ni la menace, ni l’intimidation, ni l’appât du gain, ne les détournera de ce combat exaltant.

Mes chers compatriotes,

La seule alternative que nous offre le CNRD et son gouvernement est celle de résister ou de périr. Face à cette logique de violence, nous devons répondre par le rassemblement et la mobilisation générale de tous les Guinéens au-delà des partis politiques, des régions et des confessions religieuses.

Dans cet élan, une place de choix doit revenir à la jeunesse. Jeunes de Guinée, ne vous laissez pas raconter l’Histoire de votre pays ! Faites-la ! Vous débordez de patriotisme, vous bouillonnez d’énergie. En plus, vous avez le nombre puisque les moins de 35 ans représentent plus de 70% de la population. Prenez conscience de votre force ! Mobilisez-vous, organisez-vous, occupez l’avant-scène du combat pour la démocratie et les libertés ! Le pays a besoin de vous ! Arrêtez de subir les abus d’un pouvoir que vous n’avez pas choisi ! Mamadi Doumbouya doit partir ! Celui qui a violé la charte de la Transition et sa parole d’officier ne respectera pas la Constitution et vos droits et libertés que celle-ci protège !

Mes chers compatriotes,

Comme vous le savez, l’UFDG est suspendue injustement et sans aucune base légale avec l’unique objectif de nous faire taire et de nous exclure. Ils se trompent car on ne suspend pas une idée. On ne dissout pas un idéal. Rien n’arrêtera le train de la liberté de l’UFDG. Face à l’intimidation et à la corruption, les plus fragiles, les cyniques et les opportunistes descendront du train. Mais ils seront immédiatement remplacés par d’autres encore plus nombreux et plus déterminés.

L’UFDG a l’ambition de conquérir le pouvoir et de l’exercer au bénéfice de toute la Guinée et de tous les Guinéens. Mais, le parti se veut surtout à l’avant-garde d’un combat plus noble encore, celui d’être un rempart sûr contre les violations des droits de l’homme et les restrictions des libertés publiques. C’est pourquoi, il ne peut se prêter à la compromission ni servir de caution à la tyrannie. Je félicite ces militants, hommes et femmes, de toutes les générations, de toutes les catégories sociales, restés fidèles à l’idéal démocratique et qui, malgré toutes les manœuvres de déstabilisation, restent mobilisés et déterminés à défendre le parti et ses idéaux. Nous restons convaincus que le mal ne pourra jamais triompher du bien, qu’un groupuscule, même armé, ne pourra avoir raison de la souveraineté populaire et de la volonté de la majorité.

A toutes et à tous, je souhaite, du fond du cœur, bonne et heureuse année 2026 !

Qu’elle soit pour vous tous l’occasion d’améliorer sensiblement vos conditions de vie et de faire prospérer vos entreprises et vos projets.

Qu’elle soit pour vous une année de bonne santé, de progrès et de réconfort.

Vive la République !

Vive la démocratie !

Et vive la Guinée libre, fière et indivisible !

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