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Abandon de l'excision à Matoto et Ratoma

Après Matam, Matoto et Ratoma abandonnent aussi définitivement l’excision et le mariage d’enfants

Après les quartiers de la commune de Matam, 26 quartiers et secteurs de Matoto et de Ratoma, ont à leur décidé ce samedi 28 mars 2026, d’abandonner définitivement l’excision et le mariage d’enfants.

C’est le quartier Gbessia port 1 qui a servi de cadre à cette cérémonie, devant les autorités locales, administratives et religieuses et membres d’ONG de lutte contre les VBG.

Boubacar Baldé, président du comité local de protection des enfants de Ratoma

Par la voix de ses pairs signataires de ces résolutions, Boubacar Baldé, président du comité local de protection des enfants de Ratoma, a fait savoir que les MGF et le mariage d’enfants ne sont plus d’actualité à Matoto et à Ratoma.

  « Nous, présidents de la délégation spéciale, présidents du CLPE des communes de Matoto et de Ratoma d’une part, chefs de quartiers et chefs de secteurs, membres de CVPE et CLEF, et femmes leaders mandatés par les sages, les leaders religieux, les femmes et les jeunes, et les populations des 26 quartiers et secteurs ici présents d’autre part, réunis en ce jour solennel, du 28 mars 2026 à Gbessia port 1, dans le cadre de la déclaration publique de la pratique de l’excision et du mariage d’enfants, convaincus que la pratique de l’excision et du mariage d’enfants exposent les filles et les femmes à des dangers liés aux conséquences et complications multiples et dangereuses et que par conséquent l’abandon définitif, sauve des vies et construit mieux notre société, conscients désormais du taux de prévalence d’excision est à 35, 3 m% de la région de Conakry et du taux élevé du mariage d’enfants est à 46 % d’après les résultats de l’EDS 2018, avec des effets néfastes parfois fatales sur les filles et les femmes victimes et vu les liens entre ces pratiques et les droits de l’homme, convaincus que la pratique de l’excision et du mariage d’enfants, constituent une violation des droits humains des femmes et des enfants ainsi qu’une violation de leur intégrité physique et qu’elle est l’expression d’une inégalité structurelle entre hommes et femmes, rappelons que l’État guinéen s’est résolument engagé dans le processus d’abandon définitif de l’excision et du mariage d’enfants, engagement soutenu par les nombreuses déclarations du président de la République, condamnant ces pratiques, la ratification de nombreuses conventions internationales, régionales et sous-régionales relatives aux droits des enfants et des femmes, par les dispositions du code pénal version 2016, ainsi que l’accompagnement des leaders religieux à travers la fatwa et le serment harmonisé sur l’excision, étant largement informés par les membres des ministères, les structures du CIPEG, CLPE, CLEF et CVPE de nos quartiers et secteurs respectifs, sous les conséquences de ces pratiques néfastes, sous les textes de loi y afférents, et conscients que la République de Guinée soutient le fait que les Nations Unies ont adopté le 6 février en tant que journée internationale des tolérances zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, soulignant qu’il n’existe aucune justification religieuse à la pratique de l’excision, et du mariage d’enfants, rassurée de la mobilisation des populations de nos différentes communautés en faveur de l’abandon de ces pratiques, déterminés à ne ménager aucun effort pour mettre un terme définitif à la pratique de toutes formes de violences basées sur le genre, déclarons solennellement, et suivant un consensus communautaire partagé, l’abandon définitif de la pratique de l’excision et du mariage d’enfants dans nos comités villageois cités plus haut »,  a déclaré M. Baldé.

Pour joindre la parole aux actes, les communautés de Matoto et de Ratoma, s’engagent : « Nous nous engageons à mettre en œuvre ce qui suit dans nos différentes communautés, appuyer toute synergie en faveur de la protection de l’enfant dans nos différents quartiers et secteurs, protéger 100% des filles non excisées et non mariées, à dénoncer toute tentative d’excision ou de mariage de filles avant 18 ans requis à travers un mécanisme de surveillance communautaire, à veiller à l’interdiction de la médicalisation de l’excision, à appuyer l’enregistrement de nos enfants de leur naissance, leur scolarisation et leur maintien à l’école ainsi qu’à l’appui, à la réussite des campagnes de vaccination, progressivement scolariser 100% de nos enfants en général, des filles en particulier, afin de les protéger des mariages d’enfants, veiller à la prise en compte de la protection dans le plan de développement local PDL de notre collectivité ou de nos collectivités. Nous nous engageons à veiller à l’application stricte des présents engagements dans nos différentes communautés », a conclu le président du comité local de protection des enfants de Ratoma, porte-parole de circonstances.

Présente à rencontre, Mme Finie Sylla, inspectrice régionale de Conakry au ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, a exprimé sa gratitude envers les populations des 26 quartiers de Matoto et Ratoma.

Mme Finie Sylla, inspectrice régionale de Conakry au ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités

« En décidant publiquement d’abandonner ces pratiques néfastes, vous faites un choix en faveur de la dignité, de la santé et des droits fondamentaux des femmes et des filles. Les mutilations génitales et les mariages précoces constituent des violations graves des droits humains. Elles compromettent la santé, l’éducation, l’épanouissement et l’avenir de nos filles. Leur abandon est non seulement une exigence légale, mais aussi un impératif moral et social pour le développement harmonieux de notre pays », a-t-elle invité.

Ce projet est mis en œuvre par l’ONG Tostan-Guinée, avec l’appui financier du comité national suisse, en collaboration avec L’UNICEF.  Le coordinateur du projet ‘‘Promotion et d’abandon des mutilations génitales et des mariages des enfants dans la région de Conakry’’, a rappelé que ces résultats sont le fruit de plusieurs années de lutte.

Fodé Camara, coordinateur du projet ‘‘Promotion et d’abandon des mutilations génitales et des mariages des enfants dans la région de Conakry

« Depuis 2024, nous sommes dans les communautés, dans les secteurs, dans les quartiers en train de mener des sensibilisations. C’est l’aboutissement de tout ça aujourd’hui qui nous a réunis à faire cette déclaration publique. L’important c’est, vu un peu les conséquences liées à la pratique de l’excision, c’est ce qui a ici poussé ou encouragé les partenaires, mais aussi le gouvernement Guinéen, à prendre telle initiative et à encourager les communautés à abandonner la pratique. Parce que les conséquences sont néfastes et sont nombreuses, chez les femmes, chez les filles. Et l’une des conséquences pour le peuple, c’est un peu la mort qui s’en suit. Parce que c’est une conséquence immédiate, un peu liée à la pratique de l’excision », mentionné Fodé Camara.

Ces pratiques très anciennes, poussent les communautés à rejeter toutes propositions d’abandon. Ce qui rend souvent la tâche compliquée pour l’ONG TOSTAN sur le terrain.

« Les difficultés que nous rencontrons sur le terrain, c’est d’abord le rejet de l’équipe sur le terrain. Parce qu’ils estiment que c’est une pratique normale, et c’est une pratique qu’ils doivent continuer à faire. Parce qu’ils ont trouvé ça dans les communautés et doivent continuer à le faire. Mais, les réalités ne sont pas les mêmes. Aussi, avec l’évolution des choses, on a compris un peu les dangers liés à la pratique de l’excision et aussi au mariage des enfants », dit Fodé Camara.

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