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Le couteau de l'excision

Guinée : le difficile combat des ONG dans la lutte contre l’excision

Parmi les violences basées sur le genre les plus fréquentes en République de Guinée, il y a l’excision.

Fatoumata Diaraye Barry vice-présidente de Cœur des jeunes filles

Autrement appelée Mutilations génitales féminines (MGF), l’excision est toujours ancrée dans la société guinéenne malgré les sensibilisations et les actions allant dans le cadre de sa lutte.

Des organisations de défense des droits des femmes et filles se lancent dans un combat ardant contre ce phénomène malgré que le chemin soit parsemé d’embûches.  Dans cette lutte , l’ONG Tostan Guinée se démarque. Tostan assiste et accompagne souvent des associations qui œuvrent dans ce sens. C’est le cas de ‘‘Cœur des jeunes filles’’ dont notre rédaction a rencontré la vice-présidente.

Rencontres des vrais acteurs

Les foyers, les écoles et les lieux de cultes sont les endroits souvent ciblés par les ONG et associations pour la sensibilisation contre l’excision. La vice-présidente de ‘‘Cœur des Jeunes filles’’, Fatoumata Diaraye Barry raconte : « Généralement, nous rencontrons des dames qui ont déjà vécu l’excision.

On arrive à nous approcher d’elles pour qu’elles nous disent ce qu’elles ont vécu soit dans leurs foyers, dans la leur environnement, etc. Dans nos propres familles d’abord, il y en a. Nous passons même dans les écoles. Nous faisons les sensibilisations de façon ouverte. La communication n’est pas cachée. En réalité, on explique surtout aux jeunes filles dans les écoles qui l’ont vécue et qui ne l’ont pas vécue.

Là, on vient vers elles, on leur explique l’inconvénients des mutilations génitales féminines. Au de-là de l’école, nous sensibilisons le voisinage. Nous faisons aussi des causeries avec les sages, les religieux, avec les femmes du quartier qui passent le message à leur tour aux autres. Exemple, le mois d’octobre dernier, le 25 précisément, nous avons procédé à une sensibilisation de ce genre à Lambanyi.

Nous avons rencontré plusieurs femmes qui avaient une vision genre notre culture, on ne doit pas l’abandonner. Mais au fur et à mesure, on leur a expliqué que ce n’est pas contre elles. Mais plutôt que c’est pour elles. Elles finissent par comprendre. »

Le difficile combat au quotidien

Lutter contre l’excision, il y a du prix à payer. Parfois, se lancer dans une campagne de sensibilisation peut entrainer des injures ou autres formes de violences. L’équipe de Fatoumata Diaraye Barry rencontre souvent des difficultés sur le terrain.

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« Généralement quand on vient, on nous voit comme si on est contre la culture. Mais nous acceptons quelques violences par exemples verbales. Cela fait partie de notre quotidien. On ne nous parle pas souvent bien. On accepte. Mais comme on a un objectif, on tend vers cet objectif. En réalité dans la famille au début, dès que tu parles, on ne te prend pas au sérieux. Les parents disent que c’est parce qu’on est dans une organisation, c’est pour avoir des privilèges. Vraiment, chacun d’entre nous vit ça au quotidien », martèle cette activiste.

S’unir pour des résultats solides

‘‘Cœur des jeunes filles’’ s’associe à d’autres organisation comme Tostan et l’UNICEF dans ce combat contre l’excision. A travers des activités de sensibilisation, les résultats sont visibles surtout terrain, fait remarquer Diaraye:

« Pour la collaboration, on aime bien collaborer. Parce qu’on a les mêmes visions, on a les mêmes objectifs. Donc, quand on collabore avec les autres, cela nous aide vraiment dans nos activités. Par exemple avec Tostan, on a tissé un partenariat, il y a une année. Ils nous aident à faire les causeries éducatives, à rencontrer des personnalités religieuses. »

Projection pour l’année 2026

Plus le temps avance, plus les défis s’intensifient sur le terrain. Les ONG redoublent d’efforts dans la lutte. En 2026, ‘‘Cœur des Jeunes filles’’ envisage mettre le pieds sur l’accélérateur.

« Notre souhait le plus ardent, c’est de toucher l’intérieur du pays et d’impacter surtout. En plus, nous allons beaucoup collaborer avec les universités. Parce qu’avec les universités, on n’obtient pas seulement des femmes qui ont vécu l’excision. Mais y obtient des femmes qui peuvent passer le massage dans plusieurs familles », avance notre interlocutrice.

La vice-présidente de l’ONG ‘‘Cœur des jeunes filles’’ réitère son appel aux parents. Fatoumata Diaraye Barry leur demande de miser sur l’Education et d’abandonner cette pratique qui nuit à la santé de la jeune fille.

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