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Exploitation des richesses du sol et du sous sol à Boffa

La richesse du sous-sol de Boffa ne doit pas être le tombeau de son avenir (Par Alseny Fanoun Camara)

Tribune engagée et structurée, conçue pour interpeller l’opinion publique, les autorités à tous les niveaux et les compagnies minières.

Cri de détresse d’un fils de Boffa s’essouffle sous le poids de la bauxite ;

Alors que les chiffres de croissance macroéconomique s’envolent au rythme des exportations de bauxite, une réalité bien plus sombre se dessine dans les poussières rouges de la préfecture de Boffa. À Colia, Douprou, Tamita, Tougnifily et Lisso, le “boum minier” ressemble de plus en plus à un mirage pour les populations locales, laissant place à une précarité qui ne dit pas son nom.

1. Un désastre environnemental au quotidien

L’impact le plus flagrant est visuel et respiratoire. Les localités impactées par les concessions minières vivent désormais sous un voile permanent de poussière de bauxite.

Santé publique : les maladies respiratoires et les infections oculaires risquent d’exploser dans années suivantes chez les enfants et les personnes âgées.

Pollution des eaux : les cours d’eau, jadis sources de vie et de pêche, sont envasés ou pollués par les rejets et le ruissellement des zones de décapage, des marigots et rivières disparus par endroit rendant l’accès à l’eau potable de plus en plus complexe dans certaines localités impactées.

2. L’agonie de l’agriculture et de la pêche

Boffa était autrefois un grenier et un carrefour de la pêche artisanale. Aujourd’hui, les terres cultivables sont grignotées par les concessions minières comme CHALCO SPIC BEL_AIR MINING, SD MINING ou encore AGBDA.

Le cas de Douprou à travers la dégradation des plaines de Sobanet, Sibotty et Siranka en font fois.

Perte de terres : Dans les sous-préfectures de Tamita, Colia, Lisso et Douprou, les paysans se retrouvent dépossédés de leurs champs d’anacardiers et palmerais contre des compensations financières souvent dérisoires face à la perte d’un revenu à vie.

Tougnifilidy dans la S/P de Douprou nous serve d’une réalité vivante sur le terrain avec le projet de construction de raffinerie par SPIC-GUINÉA.

Insécurité alimentaire : la réduction des surfaces agricoles et la perturbation des écosystèmes marins menacent directement la souveraineté alimentaire de ces sous-préfectures le cas de Koukoudé Port est exemple palpable.

3. Le paradoxe de l’emploi et de la pauvreté

Malgré la présence de géants miniers, le chômage des jeunes reste une plaie ouverte.

Emplois précaires : les jeunes de Boffa sont souvent relégués à des tâches de sous-traitance, sans sécurité d’emploi ni plan de carrière, tandis que les postes qualifiés leur échappent faute de formation adaptée, du népotisme et de l’affairisme gangrénant.

L’électricité dans la commune urbaine toujours à l’image des années 1990 et c’est hallucinant.

Coût de la vie : l’afflux de travailleurs extérieurs (Chinois)a provoqué une inflation galopante. Le prix des denrées de base et des loyers devient insupportable pour les populations locales qui ne profitent pas de la manne minière.

4. Des infrastructures sociales à la traîne

Le code minier prévoit pourtant que les communautés bénéficient des retombées directes. Pourtant, le constat sur le terrain est amer :

Certaines écoles et centres de santé dans certains districts manquent de tout : personnel, médicaments et équipements de base.

Les routes communautaires sont dégradées par le passage incessant des engins lourds, isolant davantage certains villages pendant la saison des pluies, l’exemple de la Douprou peut nous témoigner autant plus.

Un appel à l’action immédiate

Nous ne pouvons plus nous contenter de discours sur le “contenu local”. Il est urgent que : l’État renforce son rôle de régulateur , pour s’assurer que les études d’impact environnemental et social (EIES) ne soient pas de simples formalités administratives, mais des engagements fermes.

La transparence dans la gestion du FODEL : Les redevances minières doivent être orientées vers des projets de développement durable et visibles dans la commune urbaine ainsi qu’ailleurs.

La restauration des sites : que les compagnies s’engagent dès maintenant dans la réhabilitation des terres dégradées pour préparer l’après-mine.

“La richesse du sous-sol de Boffa ne doit pas être le tombeau de son avenir. Le développement ne sera réel que lorsqu’un habitant de Boffa dans sa globalité pourra respirer un air pur, boire une eau saine et vivre dignement du fruit de sa terre”.

Pour et contre personne

Boffa mérite mieux.

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