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Les collectivités locales après le 31 mai : l’impératif de rupture face au risque de continuité

La campagne pour les élections communales a officiellement débuté ce 11 mai 2026 à minuit. Ainsi et pendant près de troissemaines, c’est-à-dire jusqu’au 28 mai à 23h59, les candidats aux exécutifs municipaux des communes urbaines et rurales iront à la rencontre des électeurs pour présenter leurs projets de gouvernance locale, exposer leur vision du développement territorial et recueillir les attentes des citoyens en matière d’infrastructures, de services publics, de gouvernance et de transformation des territoires.


À première vue, cette échéance électorale pourrait apparaître comme un simple exercice démocratique classique, inscrit dans le processus ordinaire de renouvellement des exécutifs communaux. Pourtant, le scrutin du 31 mai 2026 revêt une portée bien plus profonde et stratégique pour l’avenir institutionnel et territorial de la Guinée.
Cette singularité repose essentiellement sur trois éléments majeurs. D’abord, ces élections constituent une étape incontournable du processus de retour à l’ordre constitutionnel après le coup d’État du 5 septembre 2021. Car au lendemain de cette date, les exécutifs locaux issus des élections communales du 4 février 2018 avaient été dissous et remplacés plus tard par des délégations spéciales  aux membres nommés par les autorités de la transition. Le scrutin à venir marque donc le retour de la légitimité élective à la tête des collectivités locales.
Ensuite, les futurs exécutifs municipaux exerceront leurs fonctions dans le cadre juridique et institutionnel de la Ve République, instaurée à la suite du référendum constitutionnel du 21 septembre 2025. Cette nouvelle architecture politico-institutionnelle suscite de fortes attentes autour d’une meilleure gouvernance locale, d’une administration territoriale plus efficace et d’un renforcement de la décentralisation et/ou de la démocratie de proximité.
Enfin, et c’est sans doute l’enjeu le plus déterminant, ces élections offrent une nouvelle opportunité de rupture avec les pratiques qui ont longtemps fragilisé les collectivités locales : centralisation excessive du pouvoir, clientélisme politique, faible culture de redevabilité, mauvaise gouvernance, absence de vision stratégique et éloignement des citoyens des centres de prise de décision.
Dès lors, une question fondamentale se pose : les élections communales du 31 mai 2026 permettront-elles une véritable refondation de la gouvernance locale ou assisterons-nous simplement à la reconduction des anciennes pratiques sous de nouveaux visages ?
I.                 Le visage actuel de la décentralisation guinéenne
Plus de 40 ans après l’enclenchement de la procédure de décentralisation au lendemain du discours programme du 22 décembre 1985, les collectivités locales guinéennes continuent de faire face à de profondes difficultés structurelles qui limitent leur efficacité et leurs impacts sur le développement des territoires. Le modèle actuel de gouvernance territoriale reste marqué par une forte centralisation administrative, des insuffisances techniques et financières, des difficultés de gouvernance et une faible implication citoyenne dans la gestion des affaires locales.
Une forte centralisation
Malgré les multiples réformes engagées depuis plusieurs décennies, l’État central conserve encore un contrôle considérable sur les collectivités locales. Cette centralisation persistante réduit fortement l’autonomie décisionnelle des communes et limite leur capacité à définir librement leurs priorités en fonction des réalités locales de chaque collectivité. Dans plusieurs domaines, les collectivités apparaissent plus encore comme des relais administratifs du pouvoir central que comme de véritables institutions autonomes de développement territorial. Cette situation dénote ainsi d’une décentralisation théorique et cause plusieurs conséquences. Notamment une faible marge d’initiative des exécutifs locaux, une lenteur dans la prise de décision, une dépendance excessive vis-à-vis de l’administration centrale et/ou encore une difficulté à adapter les politiques publiques aux besoins spécifiques des territoires.
Car, la décentralisation ne peut être effective sans un véritable transfert de compétences accompagné d’une réelle autonomie et d’un véritable pouvoir de décision au profit des institutions qui en découlent.
Des faiblesses administratives et techniques persistantes
Entre déficit de formation des élus locaux, faible professionnalisation des administrateurs territoriaux, insuffisance de sources de revenus et perte de crédibilité auprès des citoyens due à la forme de gouvernance, les collectivités locales guinéennes souffrent de réelles déficits administratifs et techniques ; au point que certains analystes la qualifient de fiction institutionnelle. Ces réalités se manifestent de plusieurs manières.
Pour ce qui est du déficit de formation des élus locaux, il faut souligner que dans de nombreuses communes, les élus accèdent aux responsabilités sans bénéficier d’une formation suffisante en administration territoriale, gestion publique locale, finances communales ou planification du développement. L’absence de mécanismes permanents de formation et de renforcement des capacités fragilise ainsi considérablement l’efficacité des exécutifs locaux.
Quant à la faible professionnalisation de l’administration territoriale, force est de souligner que les agents administratifs chargés d’œuvrer au fonctionnement quotidien des collectivités disposent souvent de moyens limités et de faibles capacités techniques. Cette situation affecte directement la qualité des services publics, la gestion administrative, l’élaboration des projets locaux, le suivi des politiques publiques territoriales et l’innovation. Dans un contexte où les besoins des populations évoluent rapidement, les collectivités locales peinent à moderniser leur fonctionnement, car elles manquent de ressources humaines en quantité et en qualité (cf. P.4).

En ce qui concerne l’insuffisance des ressources financières et/ou de sources de revenu, le constat démontre une crise financière perpétuelle et un manque de revenu stable et sécurisé pour financer les actions des collectivités locales. Le transfert de compétences n’ayant pas été accompagné d’un transfert de ressources financières suffisantes, les communes peinent à trouver les moyens de leurs politiques. À cela s’ajoutent les difficultés de mobilisation des recettes locales, la faiblesse des mécanismes de fiscalité territoriale, le manque d’infrastructures économiques locales ou encore l’absence d’outils modernes de gestion financière.
Et quant au dernier – mais non moins important – élément, notamment la perte de crédibilité auprès des citoyens qu’elles sont censées servir, il convient de rappeler que la gouvernance locale reste confrontée à une véritable crise de confiance vis-à-vis des populations locales qui les financent en partie et dont elles sont censées être au service. Ce qui contribue à la profonde fragilité de ces institutions de proximité au-delà même des difficultés techniques et financières. Entre déficit de transparence, pratiques clientélistes, faible culture de redevabilité et absence de renouvellement des pratiques administratives, plusieurs communes donnent l’image d’institutions peu orientées vers la performance publique.
Le principe du New Public Management, fondé sur la culture du résultat, l’efficacité administrative, l’évaluation des performances et la qualité du service public, peine encore à s’imposer dans le fonctionnement des collectivités locales guinéennes.
Avec un tel tableau, les élections communales du 31 mai 2026 laissent craindre quant au risque d’une nouvelle occasion manquée. Pour autant, ces élections apparaissent également comme une opportunité historique de rupture.
II.              Le risque d’une nouvelle occasion manquée
L’organisation d’élections ne garantit pas automatiquement le changement. S’il est évident que le scrutin du 31 mai permettra ex nihilo le choix de nouveaux exécutifs municipaux, rien ne garantit pour autant une véritable transformation des pratiques politiques et administratives. Le principal risque réside dans la reproduction des anciens schémas de gouvernance sous de nouveaux acteurs. Ce qui se traduirait par plusieurs éléments.
Des exécutifs municipaux (parfois) incapables de s’affirmer institutionnellement
Une mairie est portée d’abord et avant tout par son exécutif communal. Notamment le conseil municipal, car c’est à celui-ci qu’il appartient de définir une orientation politique claire et des priorités objectives dans la construction de son territoire et la fabrique des politiques publiques territoriales en cohérence avec ses spécificités locales et les attentes des citoyens.
Cependant, l’histoire récente de notre pays nous enseigne que dans plusieurs collectivités locales guinéennes, les responsables locaux ont toujours eu de la peine à exercer pleinement les compétences qui leur sont reconnues par les textes. Cette difficulté d’affirmation institutionnelle limite considérablement leur capacité à impulser des politiques publiques locales ambitieuses et adaptées aux réalités de leurs localités et aux besoins des populations locales.
Une absence de véritables politiques publiques locales
L’essence de la décentralisation réside dans l’ambition de créer des institutions plus proches des citoyens et qui seraient en même de penser, planifier et déployer des politiques publiques conformes aux spécificités de leurs territoires et aux attentes des populations locales. En ce sens, le CODE DES COLLECTIVITÉS LOCALES EN RÉPUBLIQUE DE GUINÉE 2017 stipule ceci en son art. 27: « Les collectivités locales sont compétentes sur leur territoire dans tous les domaines relevant de leurs missions. Pour accomplir leurs missions, les collectivités locales disposent de domaines de compétences propres et de services administratifs et publics locaux. » Autrement dit, les collectivités locales sont censées être les premiers acteurs de leur propre devenir en termes de concepteurs de politiques publiques et acteurs du développement territorial.
Cependant, force est de constater que les collectivités locales guinéennes restent encore insuffisamment engagées dans une logique de planification stratégique du développement. Or, une commune moderne ne peut se limiter à la gestion administrative quotidienne. Elle doit être capable d’identifier les besoins prioritaires des populations, de concevoir des projets structurants, de mobiliser des ressources, de stimuler le développement économique local et de créer des opportunités d’emploi et d’investissement dans son territoire. Car, sans vision territoriale claire, une institution publique décentralisée risque de demeurer une structure sans réel impact sur les conditions de vie des populations.
Une immixtion persistante de l’État central
L’autre problématique très souvent pointée du doigt et décriée dans le fonctionnement des collectivités locales reste l’immixtion du parti au pouvoir dans les questions internes les concernant. Cela peut être au moment des élections municipales, comme ce fut le cas avec la commune urbaine de Kindia ou encore la mairie de Matoto lors de l’installation des exécutifs municipaux au lendemain des élections communales de décembre 2018. Pour le premier cas par exemple, le parti au pouvoir avait été accusé de n’avoir pas respecté l’accord politique conclu avec le principal parti d’opposition d’alors, l’UFDG, et qui permettrait d’élire le candidat de ce dernier à la tête de l’exécutif municipal.
Si ces deux faits restent plus récents, il convient de souligner que l’immixtion de l’État, notamment le pouvoir central, n’a jamais cessé d’être dénoncée dans le fonctionnement des collectivités locales. C’était particulièrement le cas durant le règne du deuxième régime, le PUP. Et il faut dire que les choses ont à peine changé depuis.
De telles situations causent de réels problèmes et contribuent de manière significative au dysfonctionnement des collectivités locales avec des conséquences déplorables et quelquefois tristement immédiates.
Ceci entretient par ailleurs une confusion institutionnelle qui fragilise l’autorité des exécutifs locaux et ralentit la mise en œuvre des politiques publiques territoriales. Car une décentralisation efficace suppose des ressources, une clarification des compétences, mais aussi et surtout une liberté dans l’action et les choix des axes stratégiques sans mainmise d’un pouvoir central plus fort mais hélas éloigné des réalités locales.
III.           Le défi de rupture et de rénovation
Au lendemain du 31 mai 2026, les nouveaux exécutifs municipaux auront pleinement le choix entre continuer la subordination et engager la responsabilité d’opérer une rupture effective avec les dysfonctionnements du passé afin de faire des collectivités locales de véritables acteurs de développement territorial, de démocratie de proximité et de transformation sociale. Le choix de la deuxième option ne se fera pas tout naturellement. Car elle exige l’engagement de plusieurs réformes majeures et courageuses.
Rééquilibrage entre transferts de compétences et de ressources
Le transfert de compétences de l’État vers les collectivités locales ne peut produire des effets réels et durables s’il ne s’accompagne pas d’un transfert effectif des ressources nécessaires à leur exercice. En effet, l’adoption de lois et de règlements attribuant des responsabilités aux collectivités locales n’a de véritable portée que lorsque celles-ci disposent de moyens humains, financiers, techniques et matériels leur permettant d’assumer efficacement leurs missions.
L’efficacité de la décentralisation ne saurait donc se réaliser à travers une simple redistribution juridique des compétences. Elle implique nécessairement un transfert cohérent et équilibré des ressources vers les principaux acteurs du développement territorial que sont les élus locaux et les administrateurs territoriaux. À défaut, les collectivités se retrouveront investies de responsabilités qu’elles ne sont pas en mesure d’exercer convenablement, ce qui fragilise l’efficacité de l’action publique locale et compromet la qualité des services rendus aux populations.
Dans une perspective de remédiation à cette réalité, l’État devrait renforcer les mécanismes d’accompagnement financier des collectivités territoriales à travers la mise en place de politiques plus ambitieuses de financement local. Cela pourrait notamment passer par des programmes de subvention des projets communaux, le financement des initiatives locales de développement, l’appui aux infrastructures de proximité ou encore le soutien aux projets innovants portés par ces collectivités.
Un tel accompagnement permettrait aux communes de mieux répondre aux défis liés aux services publics de proximité, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’assainissement, de l’eau, de l’éclairage public, des infrastructures locales et de la gestion urbaine et environnementale de proximité. Et c’est seulement de cette manière que nous aurons pleinement réhabilité la gouvernance territoriale.
Diversification des sources de financement des collectivités locales

La mise en place du Fonds National de Développement Local (FNDL), du Fonds de Développement des Communes de Conakry (FODECCON) ainsi que du Fonds de Développement Économique Local (FODEL) ou encore l’Agence Nationale de Financement des Collectivités locales (ANAFIC) témoigne des efforts entrepris par l’État guinéen dans le renforcement de la décentralisation et l’amélioration des capacités financières des collectivités locales.
Cependant, ces avancées demeurent insuffisantes au regard des besoins réels des collectivités locales. En pratique, les finances locales reposent encore très largement – voire presque exclusivement – sur les différentes formes d’aides, de subventions et de transferts provenant de l’État central. Cette situation traduit la faible autonomie financière des collectivités locales et limite considérablement leur capacité d’initiative.
Une telle dépendance engendre plusieurs conséquences. D’une part, elle ralentit l’action publique locale, dans la mesure où les décaissements des subventions étatiques sont souvent lents, irréguliers ou insuffisants. D’autre part, elle place les collectivités dans une position de forte vulnérabilité administrative et politique vis-à-vis du pouvoir exécutif.
Dans ce contexte, la question de la diversification des sources de financement apparaît comme un enjeu majeur pour le renforcement de l’autonomie des communes (urbaines et rurales) et de la gouvernance locale. Les collectivités locales doivent pouvoir développer des ressources propres plus importantes à travers : l’amélioration du recouvrement des taxes et impôts locaux, la valorisation du patrimoine communal, le recours à la coopération décentralisée et aux jumelages, la mobilisation des financements internationaux destinés au développement local, ou encore, l’encouragement des investissements locaux.
Formation continue et montée en compétence des élus et administrateurs territoriaux
La modernisation des collectivités locales et l’amélioration de la gouvernance territoriale reposent en grande partie sur la qualité des ressources humaines chargées de conduire l’action publique au niveau local. Dans une perspective de (re)dynamisation progressive des collectivités, le développement du capital humain local apparaît comme une condition sine qua non.
Or, dans de nombreuses collectivités, les insuffisances en matière de formation technique, administrative et financière constituent encore un frein important à la bonne gestion des affaires locales. Plusieurs élus et agents territoriaux exercent leurs fonctions sans bénéficier d’un accompagnement suffisant leur permettant de maîtriser les exigences modernes de la gestion publique territoriale.
Face à cette réalité, il devient urgent de mettre en place une véritable politique nationale de formation continue au profit des élus locaux et des administrateurs territoriaux. Cette politique pourrait s’articuler autour de programmes permanents de formation des élus, de mécanismes réguliers de renforcement des capacités, de modules spécialisés adaptés aux réalités locales, ainsi que de l’introduction d’outils modernes de gestion publique territoriale. La mise en application de cette politique passerait pertinemment par la création d’un centre de formation dédié à la fonction publique territoriale – le Centre National de la Décentralisation et des Collectivités locales (CeNaDeC).
Création du CeNaDeC
La création du CeNaDeC pourrait répondre à cette attente de formations et montées en compétence du personnel des collectivités locales et constituerait une réforme structurante majeure pour le renforcement de la décentralisation et la professionnalisation de l’administration territoriale guinéenne.

Ce centre aurait pour mission principale d’assurer la formation continue des administrateurs territoriaux, le perfectionnement des élus locaux, le renforcement des capacités techniques des agents des collectivités, ainsi que la diffusion des bonnes pratiques en matière de gouvernance locale.
Le CeNaDeC pourrait également devenir un véritable pôle national d’expertise dans les domaines liés à la décentralisation, la gouvernance de proximité, la gestion administrative et financière des collectivités, le management public local, la fiscalité locale, la gestion foncière et la transformation numérique des administrations locales.
À terme, la création d’un tel centre permettra de professionnaliser durablement l’administration territoriale, d’améliorer la qualité de la gouvernance locale et de doter les collectivités locales de ressources humaines qualifiées capables de répondre efficacement aux défis du développement local.
Création d’un espace de rencontre annuelle entre les acteurs du développement local : élus, administrateurs territoriaux, ONG, etc.
Dans un contexte marqué par l’évolution constante des besoins des populations et par les exigences croissantes en matière de gouvernance locale, l’action publique doit continuellement se renouveler et s’adapter. La décentralisation ne peut produire pleinement ses effets sans un cadre permanent de concertation entre les différents acteurs intervenant dans la gestion et le développement des territoires.
À cet égard, la création d’un espace national de rencontre, d’échange et de concertation entre les élus locaux, les administrateurs territoriaux et les autres partenaires du développement local (ONG, organisations internationales, associations, etc.) apparaît comme une urgente nécessité.
Il serait ainsi opportun de mettre en place un forum national annuel de la décentralisation réunissant les maires et conseillers communaux, les gouverneurs, les administrateurs territoriaux, les préfets et sous-préfets, les représentants des ministères concernés, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers et tous les autres acteurs du secteur privé impliqués dans le développement territorial.
Ce forum constituerait à la fois un véritable espace de rencontre et d’échange, mais aussi un cadre de réflexion stratégique sur les enjeux de la gouvernance locale en Guinée. Il offrirait aux collectivités locales l’occasion d’exposer leurs difficultés, de partager leurs réussites, d’identifier des solutions communes et de renforcer la coopération intercommunale.
Ouverture des collectivités locales guinéennes au monde extérieur
Qu’elles se nomment Association internationale des maires francophones (AIMF), Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) ou autres, plusieurs collectifs réunissent, à l’échelle internationale, des collectivités locales et permettent l’ouverture au monde, les rencontres, dialogues et échanges de pratiques, les opportunités de rencontre, coopération et collaboration, et les nouages de partenariats.
L’engagement des collectivités locales guinéennes dans cette dynamique de collaboration inter villes sur la scène internationale ne pourrait leur être que d’un apport positif dans plusieurs domaines : culturel, social, économique, etc.
Cette ouverture peut et doit également passer par les politiques de jumelage qui peuvent être un outil efficace dans le renforcement de liens d’amitié entre populations de deux communes du même pays ou de pays différents, le soutien du développement local, le développement de la coopération intercommunale et la facilitation des échanges économiques et touristiques.
La coopération décentralisée, les partenariats internationaux, la digitalisation des services publics et l’échange d’expériences avec d’autres collectivités africaines ou internationales peuvent ainsi contribuer à accélérer la modernisation territoriale.
En définitive, il faut dire que les élections communales du 31 mai 2026 représentent bien plus qu’un simple rendez-vous électoral. Elles constituent, par ailleurs, un test de crédibilité pour la transition politique, une étape importante du retour à l’ordre constitutionnel, mais aussi et surtout, une opportunité historique de refondation de la gouvernance locale.
En effet, au-delà des discours et des promesses de campagne, la réussite de cette nouvelle étape dépendra essentiellement de la capacité des futurs exécutifs municipaux à rompre avec les pratiques anciennes et à replacer enfin le citoyen au cœur de l’action publique locale. Car la véritable question n’est pas simplement de savoir qui dirigera les communes après le 31 mai 2026, mais plutôt si les collectivités locales guinéennes deviendront enfin des instruments efficaces de développement territorial et de démocratie de proximité, ou si elles continueront à reproduire les mêmes pratiques qui freinent depuis toujours l’effectivité de la décentralisation guinéenne.

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