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«On te déguerpit de chez toi, tu n’as nulle part où aller», l’angoisse de Souleymane Diallo, étudiant dont la famille est déguerpie à Hamdallaye1

L’ordre est tombé vendredi 27 août à 11h. Au quartier Hamdallaye 1, les habitants ont reçu l’injonction de libérer leurs maisons en moins de 24 heures.

Depuis, les cours se vident, les camions se remplissent, et l’inquiétude grandit à l’approche des pluies.

Dans la cour familiale, Souleymane Diallo observe la scène avec amertume. Étudiant en pharmacie, il pointe du doigt la précipitation de la décision et ses effets sur les plus fragiles.

« La situation du quartier (Hamdallaye 1), c’est quelque chose qui fait pleurer. Il y a des mamans parmi nous qui ont leur tension qui n’est pas tranquille. Moi, en personne, je suis étudiant en situation de synthèse clinique. Quand je regarde la situation de notre quartier aujourd’hui, c’est quelque chose qui m’inquiète. Parce que sous les grandes pluies qui se préparent, ce n’est pas facile de vivre comme ça. On te déguerpit de chez toi, tu n’as nulle part où aller», dénonce t-il.

Le jeune homme lance ensuite un défi aux décideurs. Pour lui, seule une immersion permettrait de mesurer l’ampleur du déracinement imposé aux familles.

«Moi je préférerais qu’ils viennent passer la nuit dans notre quartier pour voir comment les choses vont se passer. Parce que c’est une réalité, là on ne se ment pas.
Quand ils cassent ici aujourd’hui ou bien demain, ils verront qu’il y a assez de jeunes qui vont rester encore, s’implanter, parce que nous sommes là, c’est ici chez nous, on n’a nulle part où aller», insiste Souleymane.

Au-delà du logement, cet étudiant s’inquiète de l’avenir. Il craint qu’un départ forcé, sans accompagnement, n’enfonce davantage une jeunesse déjà en difficulté.

«Si tous ces jeunes qui étaient là, ils ont où dormir, ils se lèvent le jour pour aller se chercher. Aujourd’hui, on les déguerpit comme ça, sans raison et puis sans aide, c’est le banditisme qui va augmenter. Moi, je ne parle pas pour dire que moi-même je serai bandit. Mais quand nous regardons la situation de tous les jeunes qui sont autour, il y en a parmi nous qui se cherchent difficilement. Donc, avec l’état là, on craint beaucoup», dit-il.

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